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Paris: une nouvelle carte des ZEP dévoilée ce vendredi

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- - Joël Saget - AFP

Dans la cadre de la refonte des Zones d'éducation prioritaire, une liste de 29 réseaux d'éducation prioritaires (REP) va être dressée pour la capitale, contre 32 ZEP auparavant. Un changement qui suscite beaucoup de craintes chez les parents d'élèves et les enseignants parisiens.

C'est une carte attendue fébrilement par les parents d'élèves et les enseignants parisiens. Les nouvelles zones d'éducation prioritaire à Paris, qui suscitent des inquiétudes et des occupations d'écoles craignant d'en sortir, devraient être dévoilées ce vendredi.

Des ZEP aux REP

En jeu, la répartition des 29 réseaux d'éducation prioritaire (REP) attribués par le ministère à Paris dans le cadre de la refonte des ZEP, contre 32 auparavant, sachant qu'un réseau comprend un collège et les écoles de son secteur.

La nouvelle carte s'appliquera sur tout le territoire à la rentrée 2015 avec 350 "réseaux d'éducation prioritaire renforcés" (REP+, des ZEP améliorées avec plus de moyens) et des REP.

Vers des classes plus chargées? 

Comme l'éducation prioritaire comptera toujours un millier de réseaux, cela implique que certains établissements entreront en ZEP et d'autres en sortiront, choix effectué par chaque académie suivant un indicateur social. De quoi faire redouter aux enseignants et parents des classes plus chargées et la perte de dispositifs de soutien des élèves.

Jérôme Lambert du SNUipp-FSU 75, premier syndicat du primaire, s'attend à ce que Paris annonce une diminution du nombre d'écoles en ZEP inférieur à 24, mais s'inquiète toujours pour 7 écoles du 12e arrondissement et une école du 15e qui n'y seraient pas parce qu'elles n'envoient pas d'élèves dans un collège en ZEP.

Une première manifestation devant le rectorat

Le rectorat leur propose des moyens supplémentaires vu leur situation, qui n'incluent ni la prime de ZEP des enseignants, ni d'autres dispositifs dont bénéficient les élèves du prioritaire, comme des tarifications spéciales dans les musées, regrette-t-il. 

"S'il y a des avancées, on les actera, mais elles n'empêcheront pas la mobilisation", prévient Jérôme Lambert, après un rassemblement devant le rectorat réunissant selon lui plusieurs centaines de personnes.

"Le nombre de collèges où on rencontre de la difficulté scolaire a augmenté"

Thierry Ananou du Snes-FSU Paris, premier syndicat du secondaire, déplore l'enveloppe "trop limitée" de 29 collèges pour Paris. "Il y a de plus en plus de poches de pauvreté, le nombre de collèges où on rencontre de la difficulté scolaire a augmenté". Après une mobilisation, le collège Budé (19e) ne devrait plus sortir, "mais maintenant c'est Lucie Faure" (20e), donné sortant, "qui va se mobiliser".

Mobilisation similaire à Toulouse

Des manifestations contre une sortie de ZEP ont aussi réuni 150 à 200 enseignants à Toulouse et une centaine d'enseignants et parents à Dijon.

"C'est bon signe que le collège d'Empalot sorte de ZEP mais le quartier reste une cible prioritaire de la politique de la ville, les écoles doivent en bénéficier", réclamait le 12 novembre Claude Touchefeu, ex-adjointe du maire socialiste de Toulouse Pierre Cohen, redevenue institutrice et conseillère municipale après la victoire de l'UMP à Toulouse. 

A Dijon, "j'ai mal à ma ZEP"

"J'ai mal à ma zep", "Zone Espoir Perdu" clamaient de leur côté les pancartes à Dijon, où quatre groupes scolaires des Grésilles (un millier d'enfants), doivent sortir de ZEP. Ils ne sont plus rattachés à un collège, celui du quartier ayant fermé en 2006 pour répartir les élèves ailleurs et assurer une meilleure mixité.

"C'est légitime" de rester en ZEP "car nous remplissons les critères sociaux. On risque d'avoir des classes surchargées. C'est tout sauf de l'égalité", a dénoncé Kawthar Es Sbiti, mère de quatre jeunes élèves.

Jé. M. avec AFP