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Education prioritaire: les principaux points du plan Peillon

L'éducation prioritaire scolarise 20% des élèves

L'éducation prioritaire scolarise 20% des élèves - -

Le ministre de l’Éducation a présenté jeudi ses principales mesures sur la relance de l'éducation prioritaire. Un plan qui vise notamment à rendre les ZEP plus attractives pour les professeurs et plus efficaces pour les élèves.

Comment attirer et garder des professeurs motivés dans les établissements les plus difficiles et y améliorer les résultats des élèves? Tel est l'objectif du ministre de l'Education, Vincent Peillon, avec son programme de relance de l'éducation prioritaire, lancé il y a plus de trente ans avec les ZEP (zone d'éducation prioritaire), et détaillé ce jeudi.

Au programme de la réforme: heures libérées et primes augmentées, accompagnement pour les élèves de sixième, encouragement de l'innovation pédagogique... Voici les principales mesures.

> Davantage de moyens et des critères sociaux

• Plus de moyens. La relance de l'éducation prioritaire débutera à la rentrée 2014 dans une centaine de réseaux (écoles et collèges) et sera étendue à la rentrée 2015 à 350 réseaux nommés REP+, qui auront davantage de moyens. Au-delà de ce noyau dur, au total un millier de réseaux fera partie de l'éducation prioritaire.

• Critères sociaux. Les moyens seront alloués en fonction d'un "indice social unique" qui prendra en compte la part d'élèves issus de catégories socioprofessionnelles défavorisées, la part d'élèves boursiers, celle d'élèves résidant en zones urbaines sensibles et celle d'élèves arrivés en 6ème avec au moins un an de retard.

> Horaires allégés et primes doublées

• Allègement des horaires. Les enseignants des 350 REP+ auront des décharges horaires pour le travail en équipe, le suivi des élèves, les relations avec les parents. Cela se traduira par 1h30 de cours en moins à assurer pour les professeurs certifiés au collège et neuf jours libérés par an pour les professeurs des écoles. Leurs remplacements devant les classes seront assurés.

• Primes et indémnités. Les primes spécifiques de l'éducation prioritaire seront doublées dans les réseaux les plus difficiles et augmenteront de 50% dans le reste de l'éducation prioritaire. Une indemnité supplémentaire est créée pour "les enseignants qui assument des fonctions d'intérêt collectif".

• Avancement de carrière facilité. Les personnels qui auront fait "une partie significative en éducation prioritaire" auront un avancement de carrière facilité. Le travail en équipe sera animé par des enseignants coordonnateurs.

• Un recrutement "sur profil". Dans les réseaux les plus difficiles, les chefs d'établissement et directeurs d'école pourront être choisis "sur profil", en fonction de leurs compétences.

> Soutien et formation

• Formation d'enseignants. Dans les réseaux les plus difficiles, les enseignants se verront garantir trois jours de formation par an. Les enseignants nouvellement nommés en éducation prioritaire auront un tuteur et leur accueil sera organisé en amont: présentation des projets, visite du quartier... Des formateurs "viendront conseiller les équipes et animer les échanges".

• Actions pédagogiques. Les réseaux auront des projets "pérennes", construits en s'inspirant des meilleures pratiques de ce qui a marché en éducation prioritaire, avec des moyens alloués pour quatre ans. Par ailleurs, chaque académie aura une ligne budgétaire pour financer des actions pédagogiques et l'animation des réseaux.

> Accompagnement des élèves

• Soutien scolaire. Les élèves de 6ème "bénéficieront d'aides au devoir, d'un soutien méthodologique ou d'un tutorat" pendant les trous de leur emploi du temps "en étant accueillis dans l'établissement" jusqu'à 16h30. Ils apprendront à devenir autonomes dans leur travail personnel.

Ces heures seront "effectuées par petits groupes d'élèves et devront répondre à des objectifs pédagogiques et éducatifs précis". Elles seront prises en charge par des enseignants ou des assistants d'éducation. Ce dispositif est prévu d'abord dans les établissements les plus difficiles puis dans l'ensemble des collèges de l'éducation prioritaire.

• Conventions avec des entreprises. La réforme vise aussi à "accroître l'ambition scolaire" de jeunes de milieux modestes en "levant les obstacles psychologiques et culturels qui peuvent freiner leur accès aux formations de l'enseignement supérieur". Des conventions pourront être signées avec des entreprises ou associations pour les stages de 3ème de ces élèves.

• Accès facilité aux internats de "la réussite". Les candidats de l'éducation prioritaire et des quartiers de la politique de la ville auront un "accès facilité" aux futurs internats de proximité dits "de la réussite" quel que soit leur niveau scolaire, une politique en rupture avec les internats d'excellence de la droite.

> Vie de l'école

• Recrutement de 500 Assistants de prévention et de sécurité supplémentaires. Un lieu d'accueil des parents doit être mis en place, pour "mieux les associer à la vie de l'école". Pour améliorer le climat scolaire, 500 Assistants de prévention et de sécurité (APS) supplémentaires seront recrutés pour prévenir les violences scolaires et participer aux gestions de crises.

• Un assistant social dans chaque réseau. Un(e) infirmier(e) spécifiquement dédié aux écoles sera affecté dans chaque réseau et tous les réseaux les plus difficiles seront dotés d'un(e) assistant(e) social(e).

M.G. avec AFP