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Mohamed Abdeslam: "le silence de Salah doit être insupportable pour les familles"

Salah Abdeslam ne coopère plus avec les enquêteurs depuis les attentats de Bruxelles.

Salah Abdeslam ne coopère plus avec les enquêteurs depuis les attentats de Bruxelles. - Police nationale - AFP

Il est le frère de deux des terroristes présumés du 13 novembre 2015. Aujourd'hui, Mohamed Abdeslam demande à son frère Salah Abdeslam de s'exprimer et de coopérer avec la justice.

Mohamed Abdeslam, frère de Brahim Abdeslam (un des kamikazes présumés du commando) et de Salah Adeslam, actuellement en détention en attendant son procès pour son implication présumée dans les attentats parisiens du 13 novembre, s’exprimait sur RTL ce 17 octobre au soir. Il demande à ce dernier de rompre son mutisme: "Quelques jours après le 13 novembre, je lui avais demandé de se rendre. Aujourd’hui, je lui demande de s’exprimer."

"Mon frère est plus radicalisé"

Le silence de son frère a fini par pousser Mohamed Abdeslam à espacer ses visites. Il l’a vu pour la dernière fois il y a un mois. Mais au fil du temps, il a tout de même constaté un changement chez le prisonnier: "Durant mes visites en Belgique, j’avais en face de moi un Salah qui était prêt à s’exprimer. C’est une autre personne à présent, plus renfermée. Je ne le reconnais plus, il ne me parle que très difficilement. Au début de la conversation, j’ai le sentiment d’être avec mon frère mais dès qu’on entre dans une discussion concrète, on a affaire à un terroriste." Ce refus de communiquer doit être "insupportable" pour les familles de victimes, reconnaît Mohamed Abdeslam. 

Pour celui-ci, les conditions particulières de la détention (soumis à l’isolement, il est surveillé en vidéo en permanence) de son frère contribuent fortement à son manque de coopération: "J’ai l’impression que ces conditions le poussent à se refermer sur lui-même. J’ai l’impression qu’il est plus radicalisé que déradicalisé. Je comprends que ces conditions sont aussi là pour sa sécurité, mais à plusieurs reprises, il a eu l’occasion de mettre fin à ses jours et il ne l’a pas fait. Et puis, sa sécurité est-elle si importante si il se mure dans le silence?" Malgré la réserve de son frère, Mohamed Abdeslam assure que celui-ci "a des regrets et n’aurait pas voulu que cela se passe comme ça."

"Au procès, je me demande où je vais être"

En revanche, Mohamed Abdeslam peine à comprendre la décision des avocats Franck Berton et Sven Mary de renoncer à défendre Salah Abdeslam à cause de son silence: "Lâcher une telle affaire, au bout de quelques mois, ce n’est pas courant. Il aurait fallu une méthode différente."

Le parcours de Salah Abdeslam et celui de son frère Brahim qui s’est fait sauter devant la terrasse du Comptoir Voltaire (11e arrondissement de Paris) a bien sûr largement bouleversé l’équilibre familial. Mohamed Abdeslam parle même de "l’impuissance" de leurs parents. A tel point qu’il se demande aujourd’hui dans quel endroit il prendra place dans la salle des assises le jour de l’ouverture du procès de son frère: "Je me demande dans quel camp je vais être. Dans la partie civile ou à côté? C’est difficile."

R.V