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Migrants à Calais: les touristes anglais boudent la Côte d'Opale

Restaurant, hôtels et campings sont unanimes. Les touristes britanniques se font plus rares cet été sur la Côte d'Opale. En cause, les récits alarmants des tabloïds anglais sur les assauts de migrants à Calais.

Entre 15 et 40% de baisse de fréquentation dans les établissements touristiques de Calais. Abreuvés pendant plusieurs semaines de récits alarmants des assauts de migrants pour gagner leur pays depuis Calais, les touristes britanniques boudent cet été la Côte d'Opale, qu'ils fréquentent d'habitude avec assiduité.

"En juin ça allait encore, nous étions à 20% d'Anglais, mais en juillet nous sommes tombés à 8%", regrette Solange Leclercq, directrice de l'office de tourisme Calais - Côte d'Opale. L'été, la proportion des "British" dépasse normalement les 20%.

C'est la conséquence de l'intense battage médiatique outre-Manche sur les tentatives de migrants d'emprunter le tunnel sous la Manche, qui ont connu un pic au cœur de l'été. "On montre des images localisées sur deux endroits, c'est-à-dire les terminaux trans-Manche, mais jamais le centre-ville, la plage, le front de mer, et du coup les gens ont peur", explique Solange Leclercq, ajoutant: "quand vous êtes coincés en attente dans une file de camions avec des assauts de migrants et la police en face, on peut croire que ce sont des scènes de guerre".

"L'image qu'on traîne est très lourde"

"L'image qu'on traîne est très lourde, et elle est difficile à contrer. On va devoir reconquérir la clientèle britannique" et cela prendra "plusieurs mois", prédit l'office de tourisme de Calais. "Mais les Français, les Néerlandais, les Belges et les Allemands sont bien présents, tout n'est pas négatif", avance-t-il.

Une autre raison explique cette désaffection, d'après tous les professionnels interrogés: le blocage fin juin et début juillet du port de Calais par les marins de MyFerryLink.

Les professionnels du tourisme de Calais souhaitent donc s’entretenir au plus vite avec les pouvoirs publics.

La maire de Calais, Natacha Bouchard, va même jusqu'à demander une indemnisation au gouvernement britannique.

K. L. avec Fredy Cochin