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L'interdiction de la fessée fait son retour dans le débat public

Donner une fessée à un enfant pourrait bientôt être interdit par la loi

Donner une fessée à un enfant pourrait bientôt être interdit par la loi - LOIC VENANCE / AFP

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé ce vendredi qu'elle s'engageait à soutenir une proposition de loi déposée par 29 députés visant à interdire les violences éducatives ordinaires.

La fessée fait son retour dans le débat public. Ecartée de la loi "Egalité et citoyenneté" par le Conseil constitutionnel en janvier 2017, l'interdiction de la fessée pourrait bien être cette fois-ci actée pour de bon. Ce vendredi, la ministre de la Santé a en effet apporté son soutien à une proposition de loi déposée le 22 février par les députés Maud Petit (MoDem) et François Michel-Lambert (LaREM), et cosignée par 27 autres parlementaires de tous bords (hors FN), visant à inscrire dans le code civil le droit des enfants à bénéficier d'une "éducation sans violence". Et donc à supprimer définitivement "le droit de correction" de la jurisprudence française.

"L'enjeu, c'est d'interdire les châtiments corporels", a indiqué la ministre à l'occasion de la journée de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants, tout en précisant qu'elle allait "travailler avec les porteurs du projet de loi pour trouver une voie de passage".

Il s'agit de "rejoindre les grands pays européens qui, pour la majorité d'entre eux, ont publié des lois qui interdisent les violences faites aux enfants dans le cadre de la famille", a ajouté Agnès Buzyn. Avec ce texte, les députés espèrent ainsi interdire toutes les "violences éducatives ordinaires" qui regroupent notamment "la violence verbale (moqueries, propos humiliants, cris, injures...), la violence psychologique (menaces, mensonges, chantage, culpabilisation...) et/ou la violence physique (gifles, pincements, fessées, secousses, projections, tirage de cheveux, tapes sur les oreilles)".

Si leur proposition ne prévoit pas de sanction pénale à l'encontre des parents réfractaires, les signataires assurent que seule une loi peut "permettre d'obtenir un changement rapide de l'opinion publique", rapporte Le Parisien.

Mélanie Rostagnat