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Pour le gouvernement, la fessée n'a "aucune vertu éducative"

Les couples qui attendent un enfant vont recevoir un "livret des parents" édité par le ministère des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes.

"J'ai reçu des fessées enfant, et ça ne m'a jamais fait de mal." De nombreux adultes font toujours cette réflexion quand est évoqué le recours ou non à la violence pour l'éducation. Mais pour le gouvernement, la réponse est claire: la fessée n'a "aucune valeur éducative", comme l'explique le "livret des parents" présenté lundi par le ministère des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes.

Ce guide destiné aux futurs et aux jeunes parents "vise à rassurer et déculpabiliser et insiste sur la parentalité, a détaillé la ministre Laurence Rossignol. Il s'adresse aussi aux mères qui vivent seules leur grossesse". Quid de la fessée? Dans un paragraphe intitulé "Punitions corporelles", il est écrit que "frapper un enfant (fessées, gifles, tapes, gestes brutaux) n’a aucune vertu éducative".

Et de poursuivre: "Les punitions corporelles et les phrases qui humilient n’apprennent pas à l’enfant à ne plus recommencer, mais génèrent un stress et peuvent avoir des conséquences sur son développement."

Interdite dans 23 pays européens

En mars 2015, la France était sanctionnée par le Conseil de l'Europe. Cet organisme européen de défense des droits de l'homme estimait dans une décision que le droit français "ne prévoit pas d'interdiction suffisamment claire, contraignante et précise de châtiments corporels" et de ce fait viole l'article 17 de la Charte européenne des droits sociaux. Dans son dernier rapport, l'ONU indique, elle, que "le Comité a recommandé, une nouvelle fois, d'interdire explicitement les châtiments corporels dans tous les contextes", comme c'est le cas dans 23 pays européens.

Pour autant, le gouvernement n'a pas prévu de légiférer sur une interdiction de la fessée comme le réclame les spécialistes de la petite enfance. 

"Il serait nécessaire et important qu’enfin on respecte les enfants et qu’il y ait une loi contre toutes les violences faites aux enfants, qu’enfin la France ne soit pas seulement le pays des Droits de l’homme et de la femme mais qu’il soit aussi celui des Droits des enfants", plaide Gilles Lazimi; médecin et coordinateur des campagnes contre les violences éducatives.

J.C.