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Incendie du camp de Grande-Synthe: 500 à 1.000 migrants disparus dans la nature

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Après l'incendie lundi du camp de Grande-Synthe, dans le Nord, un millier de migrants ont été hébergés dans des gymnases. Mais entre 500 à 1.000 personnes sont toujours dans la nature.

Entre 500 et 1.000 migrants manquent toujours à l'appel. Après l'incendie lundi du camp de Grande-Synthe, dans le Nord, plusieurs centaines de personnes qui y vivaient ont disparu dans la nature. Si une solution d'hébergement a été trouvée pour un millier des quelque 1.400 migrants du site de la Linière, d'autres errent toujours en dehors de toute structure.

Deux tiers des migrants "évaporés dans la nature"

La totalité du camp a été évacuée dans la nuit de lundi à mardi mais près des deux tiers des migrants de Grande-Synthe se sont "évaporés dans la nature", dormant sans doute dehors, d'après Christian Salomé, président de l'association L'Auberge des migrants.

Ce qu'a confirmé pour BFMTV Hervé Desvergne, directeur délégué de l'AFEJI au camp de Grande-Synthe. "Il y en a une grande part qui court encore dans la nature." Certains refusent de dormir dans les gymnases, en raison de tensions entre communautés, comme ce jeune Kurde d'Irak qui souhaite rejoindre sa famille au Royaume-Uni. Il a passé la nuit sur un parking.

"Je ne veux pas vivre avec des Afghans parce que je n'ai pas besoin de problèmes supplémentaires, a témoigné Kawa pour BFMTV. Eux, ils veulent faire des histoires, pas moi. Je suis venu ici pour avoir une vie meilleure, pas pour me battre."

Pas de reconstruction de nouveau campement

Mardi, les ministres de l'Intérieur et du Logement, Matthias Fekl et Emmanuelle Cosse, se sont rendus sur les lieux du sinistre. "Il n'y aura pas de reconstruction de nouveau campement ici", a déclaré Matthias Fekl, confirmant les premières déclarations du préfet du Nord la nuit précédente. 

Les deux ministres ont annoncé qu'un quatrième gymnase devait ouvrir mardi soir, à Dunkerque, s'ajoutant aux trois autres déjà ouverts à Grande-Synthe. "Nous travaillons à la mise à l'abri de de 150 migrants afghans supplémentaires, repérés hors de la ville", a déclaré la ministre. L'objectif est que le séjour en gymnase soit "le plus court" possible, selon Emmanuelle Cosse.

Les associations tentent de venir en aide à ces migrants livrés à leur sort. "On a aussi nos réseaux qui fonctionnent, nos amis, qui sont à proximité sur le terrain, a indiqué à BFMTV Christian Hogard, secrétaire départemental du Secours populaire. Pour entrer en contact, on passe par toutes les associations qui sont à proximité. Et puis il y a le bouche-à-oreille, qui est le meilleur vecteur d'information."

Des départs en CAO

Selon la ministre, à partir de ce mercredi auront lieu des départs en CAO, des centres d'accueil et d'orientation, établis un peu partout sur le territoire initialement pour accueillir les migrants de Calais après le démantèlement de la "jungle". Ces départs connaîtront "une accélération d'ici la fin de la semaine pour les publics vulnérables" (femmes enceintes, familles avec de jeunes enfants).

Après l'incendie, seuls environ 70 chalets en bois étaient intacts sur les 300 que comptait le site de la Linière, construit par Médecins sans frontières et ouvert en mars 2016, qui se voulait une réalisation "exemplaire", selon son promoteur, le maire écologiste de Grande-Synthe. Mais "la surpopulation" du camp de la Linière depuis le démantèlement de la "jungle" de Calais fin octobre, "a créé des difficultés" à l'origine du drame, de l'aveu du maire.

Selon le préfet et le récit de migrants, les multiples feux allumés dans le camp lundi - qui ont fini par embraser les chalets de bois, dont certains étaient très proches les uns des autres - ont pour origine de violentes bagarres entre Kurdes d'Irak et Afghans, malgré d'importants renforts policiers. Treize personnes ont été blessées, dont quatre par arme blanche. L'un d'eux a dû être opéré à l'abdomen.

C.H.A. avec AFP