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À Grande-Synthe, le camp de migrants accepté par les habitants

À Grande-Synthe, dans le Nord, un millier de migrants ont trouvé refuge dans un camp récemment reconstruit aux normes humanitaires. Un bel exemple de camp, aussi bien accepté par les habitants que les commerçants de la ville.

Il peut accueillir jusqu'à 1.500 migrants mais aujourd'hui ils ne seraient pas plus de 1.000 à y être hébergés, selon les bénévoles qui y travaillent. Le camp de Grande-Synthe, en banlieue de Dunkerque, situé à seulement 40km de Calais, dans le Nord, pourrait lui aussi être démantelé.

A deux jours de la fin du démantèlement -"dans les meilleures conditions"- de la "Jungle" de Calais, François Hollande a promis la fin des camps de migrants. Des installations qui sont, selon lui, contraires aux valeurs de la France.

Reconstruit aux normes humanitaires

En mars dernier, ce camp est détruit puis reconstruit aux normes humanitaires internationales. Il s'est depuis organisé. Des petites cabanes en bois chauffées ont remplacé les tentes qui étaient installées dans la boue.

"C'est le seul camp de réfugiés qui existe en France et même en Europe qui soit construit par Médecins sans frontières, remarque pour BFMTV Claire Milot, membre de l'association Salam. C'est-à-dire un nombre de m2 nécessaires en fonction du nombre de migrants, un nombre de toilettes suffisant."

"Une présence associative importante"

Un bon fonctionnement qui s'explique certainement par la forte présence de volontaires et d'associations auprès des migrants.

"Le camp ici est organisé avec une présence associative importante tous les jours, y compris les jours fériés, avec des associations qui apportent de la nourriture, des soins, qui font des animations pour occuper les réfugiés", indique pour BFMTV Sandra Bulteel, membre de l'association Carrefou des solidarités. 

"On n'a pas de problème"

Dans la ville et chez les commerçants, les habitants ne craignent pas une arrivée massive de migrants après le démantèlement récent de la "jungle" de Calais. Nombre d'entre eux ne souhaitent pas non plus que ce camp, qui n'a pas vocation à perdurer, disparaisse.

"Ils viennent même en clients, assure Clédia, boulangère à Grande-Synthe. On n'a pas de problème. Ici, ils sont suivis, le maire a fait beaucoup de choses pour eux tandis qu'à Calais ils sont livrés à eux-mêmes les pauvres."

De l'aveu de beaucoup d'associations ainsi que de locaux, la cote de popularité du camp de Grande-Synthe chez les habitants s'explique aussi par un travail d'accompagnement et de pédagogie effectué par la municipalité.

Céline Hussonnois-Alaya avec Matthias Tesson et Jérémy Mahieux