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"Il n'y a aucune garantie": les syndicats policiers pas rassurés par la lettre de Castaner sur leurs retraites

Image d'illustration de policiers

Image d'illustration de policiers - AFP

Christophe Castaner a transmis aux policiers une lettre leur garantissant certains droits à la retraite. Un message qui n'a pas du tout rassuré les syndicats policiers, qui dénoncent le manque de garanties et se disent "inquiets".

Alors que plusieurs syndicats policiers avaient appelé à fermer des commissariats ce jeudi 5 décembre, journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a adressé un courrier mercredi soir aux policiers. Il leur assure notamment que certains conserveraient "leurs droits à un départ anticipé" et "des niveaux de retraites comparables aux pensions actuelles".

Loin de rassurer les syndicats policiers, cette lettre a été fermement dénoncée. Les représentants des policiers pointent du doigt les imprécisions du courrier et réclament des garanties pour leurs retraites. "Il y a vraiment une ligne rouge qui a été franchie et dans ce courrier il n'y a aucune garantie", dénonce sur BFMTV jeudi matin Stanislas Gaudon, secrétaire national du syndicat Alliance Police national.

"On nous dit 'les spécificités seront prises en compte'. D'accord, comment? En deux ans, les simulateurs de calcul des pensions de retraite n'ont pas été effectués, donc pour l'instant nous n'avons aucun moyen de rassurer et de garantir les pensions de retraite des policiers", continue-t-il.

"Un courrier qui matérialise justement nos craintes"

"On est certes en phase de négociation, mais là on a un courrier qui matérialise justement nos craintes", déclare également sur BFMTV Loïc Travers, secrétaire Alliance Île-de-France. Lui pointe du doigt la séparation faite par Christophe Castaner dans son courrier entre les différentes missions des policiers. Les droits à un départ anticipé seront ouverts à certains fonctionnaires, "ceux qui exercent des missions régaliennes de sécurité et d'ordre public pendant une période minimale", écrit Christophe Castaner. 

"On est inquiet", répète Loïc Travers qui dénonce le manque de visibilité de la réforme. "Qu'est ce qu'on fait des collègues qui font du renseignement? Des collègues qui font de l'investigation? (...) Des collègues qui dans le cadre des missions gilets jaunes ont été réquisitionné au dernier moment ?"

"À l'UNSA Police nous négocions depuis le mois de juillet avec les services de M. Delevoye [Haut Commissaire à la réforme des retraites, ndlr]", abonde Philippe Capon secrétaire général du syndicat de police UNSA, sur BFMTV. "Nous avons fait valoir un certain nombre de revendications, et dans les propositions faites par le ministre hier, on s'aperçoit que c'est la division complète qui va régner au ministère de l'Intérieur puisqu'on va relier au statut, aux missions le fait de pouvoir bénéficier de telle possibilité de retraite, ou pas". D'après un communiqué de l'Unsa, "10% des policiers seraient sortis du système" ainsi.

Sans réaction du ministère "on continue les actions"

Loïc Travers souligne également la demande d'une reconnaissance du "risque létal" pour les policiers. "Quand on a des policiers qui sont assassinés à leur domicile comme à Magnanville, quand on a des collègues qui sont assassinés comme à la Préfecture de Police de Paris, quand on a des collègues qui tous les ans perdent la vie sur le terrain dans le cadre de leur mission. Et bien ils ne sont pas des gens comme les autres, ils ne sont pas des salariés comme les autres".

"Ce courrier manque totalement de précisions et ne nous convient pas", continue Philippe Capon, qui réclame une réaction du ministère de l'Intérieur. "À défaut il faudra qu'on continue les actions qu'on a commencé à entreprendre hier soir et qui continuent aujourd'hui".

Les syndicats Alliance et UNSA ont invité les policiers à se mobiliser de manière symbolique en fermant les commissariats, et en ne répondant qu'aux appels d'urgences. "Il n'y a pas de grévistes puisque les policiers n'ont pas ce droit de grève, ce qui fait qu'ils ont un statut spécial et également un régime spécial concernant leur retraite", rappelle au passage Stanislas Gaudon.

Salomé Vincendon