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Gilets jaunes: nouveaux heurts sur les Champs-Elysées

Depuis 8 heures du matin, la manifestation des gilets jaunes sur les Champs-Élysées a dégénéré dans la violence, avant de gagner plusieurs autres lieux de la capitale.

Un secteur réservé pour les manifestants, qui acceptent de se faire fouiller sur le haut des Champs-Elysées, un autre (Elysée, Concorde, Assemblée nationale) totalement bloqué autour des symboles du pouvoir. Et finalement des violences et des heurts place de l'Etoile, avant de se propager dans divers endroits de la capitale.

"Nous avons de plus en plus de groupes dissimulés dans la capitale", a indiqué en milieu d'après-midi Johanna Primevert, la porte-parole de la préfecture de police de Paris.

De nombreux incidents ont dans un premier temps éclaté aux abords des Champs-Elysées, laissés ouverts mais accessibles par des barrages filtrants. Avant 9 heures, des manifestants ont tenté de forcer l'un de ses barrages au niveau de la place de l'Etoile. En riposte, les forces de l'ordre ont fait usage de lacrymogènes. La violence s'est alors installée place de l'Etoile. A la mi-journée, au moins 122 interpellations avaient été réalisées, dont une cinquantaine sur ce secteur.

"3.000 casseurs" selon l'Intérieur

Aux premières heures de la manifestation, 500 à 600 personnes avaient été répertoriées en amont des points de contrôle, selon nos informations. Au total, ce "3000 casseurs" qui étaient rassemblés place de l'Etoile, à midi, selon Laurent Nunez, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur. Un groupe a encerclé la tombe du Soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe, entonnant la Marseillaise. De nombreux projectiles ont été lancés contre les forces de l'ordre. De la peinture a été utilisée contre les CRS et gendarmes.

Une banderole "Gaulois réfractaires" a été tendue près du monument, en référence à l'expression utilisée par le chef de l'État Emmanuel Macron pour évoquer la supposée réticence des Français face aux réformes. Un tag "les gilets jaunes triompheront" a également été peint au pied de l'Arc de triomphe.

Des heurts sur les avenues adjacentes

Autour du monument, des manifestants, masques de ski, lunettes de protection, capuches, cagoules, ont lancé des pavés sur des camions de gendarmes mobiles lancés à pleine vitesse avenue de la Grande armée où presque tous les commerces étaient fermés. Aux alentours de midi, le rond-point de l'Étoile avait été évacué et était bloqué par un double cordon policier, repoussant les manifestants les plus virulents vers les avenues adjacentes où des barricades de fortune, avec des grilles entourant les arbres, étaient dressées. 

En début d'après-midi, des groupes de manifestants étaient répertoriés avenue Hoche, avenue Foch, avenue Friedland, avenue Georges V et se dirigeaient également vers le bas des Champs-Elysées, place de la Concorde ou près du jardin des Tuileries. Selon nos journalistes sur place, un important rassemblement boulevard Haussmann a également eu lieu. Des renforts ont été demandés autour de Matignon et de la rue du Faubourg Saint-Honoré où se trouve l'Elysée.

Des pillages

Des centaines de gilets jaunes étaient également présents rue de Rivoli afin de rejoindre la place de la Concorde. Au devant du cortège, des casseurs étaient présents. Le feu a été mis à un véhicule. "Les gens qui restent autour des casseurs nous empêchent d'intervenir et de faire notre travail", déplore Johanna Primevert, porte-parole de la préfecture de police de Paris. Je ne sais pas s'il y a une radicalisation mais il y a une sympathie." "La solidarité, ça paie, la casse, ça ne paie pas", répond un gilet jaune au Puy-en-Velay, en Haute-Loire.

La situation a totalement dégénéré en milieu d'après-midi avec des violences un peu partout dans ce VIIIe arrondissement. Plusieurs véhicules ont été incendiés, des magasins ont été incendiés, pillés, des vitrines de banques brisées par des casseurs. Le feu a été mis à des barricades construite avec du matériel urbain. De la fumée noire était d'ailleurs visible dans de nombreuses rues. Une grille du jardin des Tuileries a été descellée par des casseurs. Au moins une personne a été blessée, indique la préfecture de police de Paris. La maire du VIIIe arrondissement a dénoncé des scène de "guérilla urbaine".

Beaujon
Beaujon © BFMTV

Dans ce climat, difficile de faire le tri entre "véritables" gilets jaunes venus exprimer leur mal-être et casseurs. Les manifestants qui avaient choisi de se rassembler pacifiquement pour faire entendre leur colère sur le pouvoir d'achat ont été repoussés, avant de quitter la zone. Cela a provoqué l'agacement du millier de gilets jaunes, selon notre journaliste sur place, 500 selon la préfecture de police.

J.C. avec les journalistes de BFMTV