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Gilets jaunes: à quoi faut-il s'attendre pour le premier anniversaire du mouvement?

Des gilets jaunes lors de leur premier week-end de mobilisation, le 18 novembre 2018, à Caen

Des gilets jaunes lors de leur premier week-end de mobilisation, le 18 novembre 2018, à Caen - Charly Triballeau - AFP

Appel à manifester sur les Champs-Élysées, blocage du périphérique parisien, occupation d'un péage près de Bordeaux, marche contre l'urgence climatique à Lille... De nombreuses manifestations sont prévues partout en France pour ce week-end, qui marque le premier anniversaire du mouvement des gilets jaunes.

Les gilets jaunes fêteront ce week-end le premier anniversaire de leur mouvement, débuté le 17 novembre 2018. Pour l'occasion et dans l'espoir de redonner du souffle à la contestation, des manifestations auront lieu un peu partout en France. La plupart des rassemblements devraient cependant se tenir à Paris, où plusieurs appels à la mobilisation ont été lancés par des figures des gilets jaunes.

  • Un retour sur les Champs-Élysées?

Un appel à manifester samedi dans la capitale, sur les Champs-Élysées, a notamment été lancé sur Facebook via la page "Acte 53 Gilets Jaunes l'anniversaire sur les Champs-Élysées". Il s'agit pour le moment de l'événement qui réunit le plus de monde, avec 5300 personnes inscrites comme participantes et 6800 qui se disent intéressées.

Le préfet de police de Paris a cependant pris un arrêté ce vendredi interdisant de manifester sur les Champs-Elysées. Les manifestants ne pourront ainsi pas défiler dans le secteur, comme c'est le cas depuis le 16 mars dernier. Ce jour-là, d'importantes violences et dégradations avaient émaillé la 18e journée du mouvement.

"Je maintiendrai mon appel, le droit de manifester est un droit légal, constitutionnel. On verra quel sera le rapport de force du gouvernement, ce que fera le ministère de l'Intérieur", a malgré tout déclaré sur Twitter Thierry Paul Valette, organisateur de l'événement et co-fondateur du collectif des "Gilets jaunes citoyens".
  • Éric Drouet appelle à bloquer le périphérique parisien

Opposé aux manifestations déclarées, Éric Drouet, autre figure du mouvement des gilets jaunes, a lancé dans une vidéo diffusée lundi sur sa page Facebook un appel à une "opération escargot" sur le boulevard périphérique de Paris à partir de 10 heures, puis sur les Champs-Élysées à partir de 14 heures.

Le chauffeur routier, qui refuse de se présenter comme un organisateur, a également évoqué l'idée d'un rassemblement à pied "hors de la zone interdite", dans un lieu encore non déterminé, puis de rejoindre l'avenue "sans signes distinctifs, ni gilets jaunes".

  • Une manifestation parisienne autorisée à partir de la place d'Italie

Une manifestation déclarée et autorisée aura cependant bien lieu à Paris. Cette marche organisée à l'initiative - notamment - de Priscillia Ludosky, reliera samedi après-midi la place d'Italie, dans le XIIIe arrondissement de la capitale, à la place Franz Litz, dans le Xe. Les organisateurs entendent remettre à Emmanuel Macron les conclusions du "vrai débat", organisé en ligne par les gilets jaunes en parallèle du grand débat du gouvernement.

Un rassemblement statique et autorisé aura également lieu dimanche sur la place Joachim du Bellay, dans le Ier arrondissement de Paris.

  • L'occupation d'un "temple de la consommation"

Un autre événement Facebook appelle à occuper dimanche "un temple de la consommation", à l’image de l’action menée début octobre contre le centre commercial parisien Italie 2 par les militants écologistes d’Extinction Rebellion.

Selon Le Parisien, le magasin Ikea à La Madeleine (1er arrondissement), le Carrefour Porte d'Auteuil, l'enseigne Nike au Forum des Halles ou encore le H&M rue La Fayette font partie des lieux visés, de même qu'un Apple Store dont la localisation n'a pas été communiquée.

  • Plusieurs manifestations en Ile-de-France

Les gilets jaunes prévoient de se réunir dans plusieurs grandes villes de la région parisienne, comme Saint-Ouen, où une manifestation de "convergence des luttes locales et nationales" débutera depuis le métro Garibaldi.

Deux manifestations partiront de Montreuil, la première à 8 heures et la seconde à 10 heures. Un barbecue est par ailleurs prévu à Vitry-sur-Seine pour "ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas aller sur Paris".

  • Convergence entre écologistes et gilets jaunes à Lille

L'événement Facebook "Rassemblé·e·s face à l'urgence climatique et sociale" prévoit une mobilisation conjointe des militants écologistes et des gilets jaunes samedi à Lille, au départ de la place de la République, à partir de 13 heures.

"Ce 16 novembre, nous appelons chacun-e à nous rejoindre: associations, collectifs, mouvements, partis, syndicats, seuls, en famille ou entre amis, pour poser les bases, ensemble, d’une société plus juste et plus soutenable. Ce 16 novembre, date anniversaire du mouvement GJ, soyons tous uni·e·s, pour la justice sociale, pour lutter contre le dérèglement climatique", peut-on lire sur la page de l'événement.
  • Blocage du péage de Virsac à Bordeaux

Dans le Sud-Ouest, un appel à bloquer le péage de Virsac, à Bordeaux, a été lancé. En fin d'année 2018, l'endroit avait été un haut-lieu de la contestation des gilets jaunes girondins et avait été incendié et saccagé le 26 décembre. À Bordeaux, un rassemblement devrait également se tenir sur la place de la Bourse.

  • D'autres appels à manifester partout en régions

Pour ce week-end d'anniversaire du mouvement, plusieurs autres métropoles françaises devraient redevenir le théâtre de la contestation des gilets jaunes. À Lyon, un rassemblement est prévu place Bellecour. À Nantes, les manifestants appellent à une mobilisation à partir de 13 heures, puis à un bal populaire, selon les informations du Parisien. À Montpellier, les gilets jaunes devraient occuper le rond-point des Pré-d'Arènes, là où la contestation a débuté et pris corps dans l'Hérault, rapporte Midi Libre.

Les manifestations du week-end parviendront-elles à redonner du souffle au mouvement des gilets jaunes? À l'aube de ce week-end de contestation, 63% des Français disent en tout cas ne pas souhaiter un regain de mobilisation, selon le dernier sondage Elabe pour BFMTV.

Juliette Mitoyen