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Violences à Paris: les Champs-Élysées défigurés avec des dégâts considérables

Le 18e samedi de mobilisation des gilets jaunes a renoué avec un niveau de violence comparable à celui des premiers. Les dégâts causés sur "la plus belle avenue du monde" sont considérables.

Élus parisiens et gouvernants pensaient ce genre de scènes derrières eux. Samedi, à l'occasion du 18e jour de mobilisation nationale des gilets jaunes, les manifestants ont laissé une avenue des Champs-Élysées considérablement dégradée.

Du restaurant cossu Le Fouquet's aux diverses boutiques que compte "la plus belle avenue du monde", le vandalisme a été total.

De nombreuses boutiques vandalisées

Le soir même puis le lendemain matin, touristes et badauds ont pu constater, éberlués, l'ampleur des dégâts causés. Parmi les magasins détruits et pillés, il y a les enseignes de prêt-à-porter Hugo Boss, Celio et Longchamp, le bijoutier Swarovski, le chocolatier Pierre Hermé et la boutique Nespresso. 

Les rues adjacentes ont également été touchées, notamment l'avenue Franklin D. Roosevelt. L'un des moments les plus choquants de cette journée de violences, au cours de laquelle plus de 32.000 gilets jaunes se sont mobilisés à travers la France, selon le ministère de l'Intérieur, fut l'incendie de la Banque Tarneaud.

La quasi totalité du mobilier et du matériel informatique de l'agence a brûlé et les vitrines, sous l'effet de la chaleur, ont explosé, permettant aux flammes d'atteindre et balafrer les étages du dessus. Au total, le feu aura fait 11 blessés légers, dont deux personnes - une femme et son enfant - coincées dans l'immeuble puis sauvées par les pompiers.

Kiosques brûlés

D'autres brasiers ont été déclenchés par des casseurs, conformément aux méthodes pyrotechniques habituelles des Blacks blocs. Scooters, motos, voitures de luxe... De nombreux véhicules ont été incendiés aux abords des Champs-Élysées et de la place de l'Étoile.

Mais pas que. Sur l'avenue, deux kiosques à journaux se sont également embrasés, l'un au niveau du métro George V, l'autre plus bas, vers le métro Franklin D. Roosevelt.

Des scènes de désolation qui ont choqué tant par leur niveau de violence que par leur force symbolique. 

237 interpellations

Comme ce fut le cas le 1er décembre dernier, l'avenue elle-même a alimenté les manifestants en "munitions", certains s'attelant à retirer des pavés afin de les lancer sur les forces de l'ordre, qui ont été temporairement assiégées autour de l'arc de Triomphe. Le matériel de travaux, quant à lui, a servi à bricoler des barrages et des barricades le long de l'avenue. Sans compter, bien sûr, les innombrables graffitis qu'elle arbore un peu partout... et qu'il va falloir désormais nettoyer.

Au total, 237 personnes ont été interpellées au cours de cette journée de violence. Parmi elles, 200 ont été placées en garde à vue, 185 concernent des personnes majeures et 15 mineures, d'après le parquet de Paris.

Jules Pecnard