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Réouverture des écoles: un casse-tête pour les directeurs d'établissements

Pour pouvoir faire respecter les consignes sanitaires élaborées par le ministère, les directeurs d'écoles doivent complètement repenser leur organisation.

"Je ne sais pas comment nous allons être prêts pour le 11 mai". A quelques jours de la rentrée scolaire décrétée par le gouvernement, les directeurs d'écoles expriment leurs vives inquiétudes. Face à la lourdeur du protocole établi par le ministère de l'Education nationale pour limiter la propagation du coronavirus à l'issue du confinement, ils s'interrogent en effet sur leur capacité à accueillir leurs élèves dès la semaine prochaine dans des conditions optimales.

"En général, quand on prépare une nouvelle rentrée scolaire, on y réfléchit au printemps pour le mois de septembre. On a une journée de pré-rentrée avec les enseignants et là, je ne sais pas quand mes collègues vont pouvoir venir. Normalement pour eux la fin du confinement c'est le 11 mai donc ils n'ont pas à venir avant", explique sur BFMTV Jean Bouissonié, directeur de l'école Condorcet à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.

Avec 700 élèves inscrits dans son établissement, le respect des consignes sanitaires semble mission impossible à ce directeur, syndiqué au SNUippp-FSU. "Si on ne se voit pas avant pour réfléchir au fonctionnement et voir comment faire respecter ce protocole, je ne peux pas accueillir les enfants à partir du 11 mai, c'est quasiment certain", assure-t-il.

Un protocole strict

Maintien des gestes barrières, distance d'un mètre entre chaque enfant dans les salles de classe, gestion des déplacements dans les couloirs, interdiction des jeux collectifs en cour de récréation, nettoyage et désinfection des lieux et du mobilier plusieurs fois par jour... Le 30 avril dernier, le ministère de l'Education nationale a dévoilé le détail des mesures à observer dans les écoles à compter de la reprise des cours.

Autant de dispositions qui obligent Jean Bouissonié à repenser l'organisation de son établissement, pour éviter que trop d'élèves ne se croisent en même temps, mais aussi de ses salles de classe, pour respecter les distances entre chacun.

L'exécutif plaide pour "la souplesse locale"

Si Jean-Michel Blanquer a exprimé son souhait que "la majorité des écoles" rouvrent dès le 11 mai de manière progressive, le ministre a toutefois plaidé pour "la souplesse locale", afin que "chaque école puisse régler son flux d'élèves en fonction des réalités locales".

En déplacement dans une école primaire des Yvelines mardi, le président de la République a quant à lui précisé que le lundi 11 mai serait une sorte de "pré-rentrée" qui permettra aux enseignants et directeurs d'établissements de s'organiser, avant l'arrivée des élèves le 12 ou le 14 mai.

Mélanie Rostagnat