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Le blocage des examens, nouvelle étape du mouvement étudiant contre la loi Vidal

Vote de l'AG de Nanterre pour le blocage des examens le 15 mai 2018.

Vote de l'AG de Nanterre pour le blocage des examens le 15 mai 2018. - Gérard Julien - AFP

Depuis quelques jours, les étudiants mobilisés s'attaquent à la tenue des examens de fin d'année. Le gouvernement, lui, continue de garantir que l'ensemble des partiels se tiendront.

Dans les universités, l'heure n'est plus au blocage des établissements. Désormais, les étudiants mobilisés contre la loi sur l'Orientation et la réussite des étudiants (ORE), accusée d'instaurer un système de sélection à l'entrée de l'université, poursuivent leur mouvement sous une autre forme: en tentant d'empêcher la tenue des partiels.

L'exemple le plus récent date de ce jeudi matin: un groupe de 200 à 300 personnes a réussi à bloquer la tenue des examens à l'université Rennes 2. La direction de l'établissement a donc annulé les partiels prévus ce jeudi. Une annulation qui fait suite à celle des examens de Nanterre via le blocage de la maison des examens d'Arcueil, ou encore à celle de Lyon, Marseille ou Paris 8. Les épreuves prévues ce jeudi par l'université de Nantes ont également été reportées à une date ultérieure.

Le gouvernement affiche sa fermeté

Une façon pour les grévistes de poursuivre le rapport de force face au gouvernement, alors que de nombreux présidents d'universités ont décidé ces derniers jours d'envoyer les forces de l'ordre pour empêcher les blocages d'établissements. "Frédérique Vidal affirme que les examens auront lieu, nous prouvons le contraire", affirme simplement un militant de Nanterre cité par Le Monde.

En face, le gouvernement affiche sa fermeté. "Les examens se tiendront, nous le devons aux étudiants", martèle pourtant la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal qui "condamne" dans un tweet "les blocages conduisant les présidents d'université à reprogrammer certains examens". La ministre qualifie également de "comble du cynisme" le fait d'empêcher la tenue des examens.

Mais officiellement, pas question de montrer une once d'inquiétude sur le déroulé des partiels en France. Selon le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, interrogé jeudi matin sur France 2, "deux tiers des partiels qui doivent être tenus pour arriver à la fin de l'année universitaire" se sont déjà déroulés en France. Il affirme que "l'ensemble des examens se tiendront, soit dans leur université, soit sur des sites délocalisés comme on l'a déjà organisé, soit en ligne. Mais les examens seront tenus".

Les examens à la maison

Oui mais comment? A Nanterre et Lyon 2, la stratégie des présidents consiste à organiser les examens en ligne ou même via des devoirs à la maison, en plus du contrôle continu. La position est claire: aucune note ne sera donnée sans qu'un examen ait été passé, contrairement à la demande de certains étudiants. "Il n'y aura pas de diplôme en chocolat", avait prévenu Emmanuel Macron lors de son interview sur BFMTV.

Comme le rappelle Franceinfo, les textes prévoient quatre modalités d'évaluation des étudiants: les devoirs sur table, les oraux, les examens à distance et le contrôle continu. Charge ensuite à chaque département d'université de décider de la part donnée à chacune d'entre elle. Lorsque les modalités sont modifiées, les étudiants sont en général prévenus par mail en général cinq jours avant l'examen. Ce qui n'empêche pas certains ratés: selon Le Monde, le dimanche 13 mai dernier, les étudiants du centre Malesherbes (Paris 4 - La Sorbonne), ne savaient toujours pas si leurs examens se tiendraient ou non sur le site.

Ariane Kujawski