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Comment les universités choisissent leurs admis à l'heure de Parcoursup

Parcoursup.

Parcoursup. - Lionel BONAVENTURE / AFP

Alors que la réforme de l'accès à l'université suscite parfois amertume et contestation, les établissements sont en train de faire leur choix parmi les dossiers qui leur sont soumis via Parcoursup. Le verdict doit tomber le 22 mai prochain. Les modalités de ce tri inédit varient selon les facultés comme l'a montré la presse ces derniers jours.

Les débuts sont souvent l'occasion de tâtonnements. Le remplacement, contesté, d'APB par la plateforme Parcoursup en tant que chemin vers l'enseignement supérieur ne fait pas exception. Et le temps est précieux: les universités doivent rendre leur verdict le 22 mai prochain en vue de la rentrée prochaine. Le volume des dossiers à traiter est des plus volumineux: comme l'a souligné Le Parisien dimanche, on compte 6,3 millions de voeux émanant de 810.957 élèves inscrits dont 628.769 élèves de terminale. 32% de ses souhaits portent sur des inscriptions en licence.

Alors qu'il s'agit d'essuyer les plâtres, la méthode employée par les établissements pour faire leur choix est encore expérimentale. Et si on connaît les données que les lycéens sont chargés d'enregistrer sur Parcoursup, à savoir leurs notes, CV et lettres de motivation, les critères de sélection sont laissés à l'appréciation des universités. 

Le site du Monde, ce lundi, s'est penché sur le cas épineux des facultés de droit, parmi les plus demandées. Paris I-Panthéon Sorbonne reçoit ainsi 14.000 dossiers, excédant largement les 600 places qu'offre cette filière juridique. Les 1.700 places toulousaines sont également largement débordées par les 5.700 sollicitations. 

Que faire du ventre mou? 

Les universités mettent en place des protocoles très variés pour équilibrer l'équation. La faculté de droit de Rouen se fie ainsi au classement automatique fixé par un algorithme fondé sur les moyennes des notes de première et terminale en français, mathématiques, histoire et langues vivantes. A cette moyenne peut s'ajouter l'avis du conseil de classe transcrit en chiffre. A Toulouse et à Paris II, la célèbre Assas, on s'en remet aussi à ce classement automatique mais les dossiers ex-aequo à l'issue de ce processus sont ensuite laissés à la responsabilité des professeurs chargés de tracer la ligne de partage entre les admis et les recalés. 

L'université Paris V Descartes a opté pour la formule la plus humaine: l'intégralité des 10.000 dossiers soumis sont visés par les enseignants. Une variable vient encore compliquer les choses. Les rectorats doivent en effet établir un quota d'admissions de profils venus d'autres académies que celles auxquelles sont rattachées les facultés. Le problème est d'autant plus vif pour les universités parisiennes, les plus souvent confrontées à ce cas de figure. 

Parmi plusieurs difficultés, les enseignants approchés par Le Monde.fr citent le plus communément la gageure de s'y retrouver et de prendre une décision au sein du vaste ventre mou des candidatures qui ne se sont ni fait remarquer par leur brio ni par leur médiocrité. Les quinze jours à venir seront donc bien remplis. 

Robin Verner