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Entrée à l'université: les syndicats étudiants divisés sur les nouvelles mesures

La bibliothèque à l'université de Rouen-Normandie (photo d'illustration)

La bibliothèque à l'université de Rouen-Normandie (photo d'illustration) - Charly Triballeau-AFP

Une "victoire" pour certains, une "sélection" pour d'autres: la réforme de l'entrée à l'université, dont les nouvelles conditions ont été annoncées ce lundi, divise les syndicats étudiants.

Le gouvernement a dévoilé ce lundi son Plan étudiants avec les nouvelles conditions d'accès à l'université. Si le Premier ministre s'est dit opposé à toute forme de sélection, les présidents d'université auront tout de même accès aux dossiers scolaires des bacheliers. Ces derniers pourront également avoir l'obligation de suivre une remise à niveau avant de débuter leurs études supérieures. Si c'est une bonne nouvelle pour certains syndicats étudiants, d'autres sont inquiets. 

"Le bachelier ira dans le parcours de son choix"

Pour Jimmy Losfeld, le président de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), les annonces du gouvernement représentent "une victoire culturelle idéologique d'une réforme qui n'ira pas dans le sens de la sélection".

"Le principe, qu'on a défendu tout au long des concertations, c'est de dire que dans le choix d'orientation, c'est le bachelier qui a le dernier mot", a-t-il déclaré sur notre antenne. "C'est lui qui choisit sa formation. Il y a des parcours d'accompagnement, mais au final, le bachelier ira dans le parcours de son choix."

"Une sélection qui dit clairement son nom"

Ce n'est pas le point de vue de l'Union nationale des étudiants de France (Unef) qui dénonce la mise en place d'une sélection à l'université et maintient sa pétition sur les réseaux sociaux

"Oui, il y a une sélection qui dit clairement son nom quand on pourra refuser des jeunes sur la base de leur dossier", a regretté Lilâ Le Bas, sa présidente, sur RTL. "L'orientation par défaut, ce n'est pas notre vision de l'orientation."

Elle pointe également "un processus d'orientation qui aura pour but de décourager et non d'accompagner et construire un réel projet".

"500 millions sur cinq ans, loin d'être suffisant"

L'Unef estime également que les annonces budgétaires du Premier ministre sont insuffisantes. Édouard Philippe s'est engagé à investir près d'un milliard d'euros pour accompagner le plan étudiant et la réforme des modalités d'entrée à l'université sur le quinquennat. Quelque 500 millions seront réservés à l'ouverture de nouvelles places dans les filières en tension.

"500 millions sur cinq ans c'est 100 millions par an, loin d'être suffisant pour accueillir tous les étudiant.e.s", a tweeté le syndicat étudiant.

Un mécontentement partagé par l'Union nationale lycéenne (UNL), qui estime qu'un milliard d'euros d'investissement sur le quinquennat "ce n'est pas suffisant". "Il faut un milliard par an pour assurer la réussite de tou.te.s", a indiqué le syndicat lycéen, refusant que l'on "remplace une sélection par une autre", s'est-il indigné sur Twitter.

Céline Hussonnois-Alaya