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Comment le baccalauréat pourrait-il évoluer dans les années à venir?

Les premières épreuves de spécialité du nouveau baccalauréat sont annulées au profit du contrôle continu en raison de la crise sanitaire

Les premières épreuves de spécialité du nouveau baccalauréat sont annulées au profit du contrôle continu en raison de la crise sanitaire - MARTIN BUREAU © 2019 AFP

En charge de la réforme du diplôme, Pierre Mathiot estime qu'il serait intéressant de s'appuyer encore plus sur le contrôle continu.

Le bac va-t-il de nouveau évoluer? Alors que ce jeudi matin, les 525.000 candidats au bac général et technologique ont planché sur la philosophie, seule épreuve écrite de cette session chamboulée par la crise sanitaire, les autorités verraient d'un bon oeil de nouvelles avancées pour ce diplôme, qui semble perdre de sa superbe session après session.

Pour cette première édition du bac Blanquer, né de la réforme de juillet 2018 qui marquera pour la première fois l'avènement du grand oral qui aura lieu du lundi 21 juin jusqu'au 2 juillet, ce sont au total quelque 715.000 candidats au bac général, technologique et professionnel vont tenter de décrocher le précieux diplôme.

Vers plus de contrôle continu?

En parallèle, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a avancé ses pions, et avait dès 2017 demandé à Pierre Mathiot, directeur de Sciences-Po Lille, de réformer le diplôme. Selon ce dernier, pour les années à venir, il serait intéressant de s'appuyer encore sur le contrôle continu, qui a été utilisé ces derniers mois en raison de la crise sanitaire (il représentera 82% de la note du diplôme de 2021 en raison de la crise du Covid-19).

"Il convient de savoir ce que l’on doit entendre par contrôle continu, quelles règles collectives on doit instaurer, quels effets celui-ci a sur l’organisation des lycées, quels effets aussi sur les relations professeurs/élèves/familles, quel rôle donner à l’harmonisation académique", estime-t-il dans un entretien accordé à L'Opinion.

Pour autant, Pierre Mathiot est bien conscient de la réticence du corps enseignant, qui suggère qu'un contrôle continu intégral serait facteur d'inégalités du baccalauréat.

"Il est tout à fait normal de regarder au niveau académique les écarts aberrants à la moyenne dans la notation d’un lycée ou d’un professeur. Il faut donc travailler le sujet de l’harmonisation. En fait, il faut dépassionner le débat et rendre routinier le contrôle continu!", insiste-t-il.

Devant le Sénat ce mercredi, alors qu'il était auditionné dans le cadre de son rapport sur la réforme du baccalauréat, Pierre Mathiot a affirmé que si la part de contrôle continu devrait rester figée à 40%, cette part devrait être alimentée par un contrôle continu intégral.

Les enseignants convaincus?

Si cette décision est bel et bien prise, il conviendra alors de convaincre les syndicats, qui pouvaient être réticents à ces nouvelles avancées. Dans les colonnes des Echos, Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN, estime qu'une ouverture est possible.

"Avec l'expérience de ces deux années de contrôle continu et la difficulté que génèrent les épreuves communes dès février, ce message peut être accepté par les enseignants. C'est donc l'occasion de transformer l'exceptionnel du Covid en décision prise une fois pour toutes."

En ce qui concerne les épreuves de cette année, de nombreuses sénateurs s'interrogeaient sur le caractère inégalitaire de cette nouvelle épreuve du grand oral. "C’est le fond qui doit primer, ce qui compte, c’est la préparation", rétorque-t-il.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV