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Avec les règles sanitaires, un retour massif des enfants à l'école est-il possible?

Les établissements scolaires ayant rouverts doivent faire respecter des règles de distanciation sociale et les gestes barrières à leurs écoliers. Alors que le gouvernement espère un retour plus massif des enfants à l'école en juin, certains établissements alertent sur l'impossibilité d'accueillir plus d'élèves et d'appliquer correctement les règles sanitaires imposées.

Deux semaines après la réouverture des établissements scolaires, selon le ministère de l'Education nationale, 20 à 25% des élèves seulement sont de retour à l'école primaire et 30% au collège. Ce faible taux de retour à l'école est notamment dû aux règles sanitaires strictes mises en place, empêchant que les classes soient réunies au complet.

Le gouvernement doit pourtant détailler jeudi les modalités de la deuxième phase du déconfinement, et des annonces sur une possible réouverture des lycées sont attendues.

Pas "plus de 10 élèves au maximum dans les classes"

"Le fait qu'il y ait 4m² par enfant fait que nous ne pouvons pas accueillir plus de 10 élèves au maximum dans les classes", explique sur BFMTV Francette Popineau secrétaire générale du syndicat Snuipp-FSU. "Avec le protocole actuel, une reprise massive est de toute façon techniquement impossible", estime Philippe Vincent, secrétaire général du syndicat SNPDEN.

Les images des marquages au sol dans les cours de récréation, afin de faire respecter la distanciation sociale aux enfants ont par exemple marqué les esprits. Et entre le lavage régulier des classes et les différents services à la cantine, certains établissements ne sont pas certains de tenir la cadence avec plus d'élèves.

"L'organisation actuelle ne tient qu'à un fil; si on rajoute des effectifs, ça ne fonctionne plus", prévient Agnès Le Brun, porte-parole de l'Association des maires de France (AMF), en charge de l'éducation.

Règles sanitaires maintenues et ouverture plus vaste

Pourtant, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer continue d'espérer que les résultats de ces premières semaines de déconfinement permettront un retour en classe des élèves de 4e et de 3e. Mardi il déclarait même sur LCI vouloir un mois de juin "plein et entier de rescolarisation". Tout en expliquant: "Les contraintes sont importantes mais c'est aussi le corolaire d'un retour en sécurité, il n'y a pas d'allègement prévu à court terme".

"Si les indicateurs restent bien orientés alors nous pourrons sans doute organiser une ouverture un peu plus vaste des écoles, faire en sorte que les règles sanitaires puissent s'adapter, toujours avec prudence", a expliqué mardi à l'Assemblée nationale le Premier ministre Edouard Philippe. Mais il a clairement insisté sur le fait que ces réouvertures étaient conditionnées aux résultats des indicateurs, et au respect des règles sanitaires.

"Il faut évidemment ouvrir tous les lieux publics à disposition de l'Etat jusqu'à la collectivité territoriale qu'est la mairie, pour que les enfants puissent être accueillis pour être resociabilisés", demande sur BFMTV Rodrigo Arenas co-président de la FCPE, l'une des principales fédérations de parents d'élèves.

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer mise notamment sur le développement d'activités "sport, santé, civisme et culture (2S2C)" par les collectivités locales, pour permettre l'accueil des enfants en-dehors du cadre scolaire. Environ 200 communes auraient pour le moment manifesté leur intérêt.

Chômage partiel pour les parents d'élèves sans école

Dans une tribune publiée le 13 mai, plusieurs pédiatres appelaient au retour des enfants à l'école, rappelant qu'ils étaient très peu porteurs et très peu contagieux selon les différentes études faites à leur sujet. Ils ajoutaient que l'imposition d'une distanciation sociale excessive ou du port du masque pour les plus petits (crèches, maternelle ou primaire) "n’est ni nécessaire, ni souhaitable, ni raisonnable".

Si le gouvernement insiste sur la nécessité d'un retour à l'école, un "impératif social", selon les mots de Jean-Michel Blanquer, Édouard Philippe a déjà indiqué mardi qu'à partir du 2 juin, les parents d'enfants qui ne pourraient pas être accueillis à l'école pour des raisons sanitaires "pourront continuer à bénéficier des dispositions relatives au chômage partiel".

Salomé Vincendon