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Paris: dans les quartiers défavorisés, le faible nombre d'élèves de retour à l'école inquiète

Dans certaines écoles de la capitale, souvent situées dans des quartiers défavorisés, le taux de présence des élèves reste bas. Si bien que les enseignants s'inquiètent pour les enfants en difficulté scolaire restés chez eux.

Malgré le début de la troisième semaine de déconfinement en France, certaines écoles parisiennes tournent toujours au ralenti. Si dans certains quartiers favorisés, le taux de présence des enfants dans leurs établissements scolaires atteint 21%, il diminue presque de moitié dans les zones défavorisées. C'est notamment le cas dans le 18e arrondissement, où certains enseignants ont du mal à remplir leurs classes, faute d'élèves.

Si cette configuration plaît à la jeune Avéroné, qui explique que l'apprentissage en petit groupe lui permet de "prendre confiance" en elle, la situation inquiète François Plasman, son professeur des écoles. Dans sa salle de classe, il pourrait accueillir neuf enfants de CE2. Mais seuls cinq ont pour l'instant répondu présent.

"On n'a pas eu tous ceux qu'on aurait aimé avoir parmi les élèves en difficulté, donc je crains un peu la fin d'année si on ne réussi pas à les faire revenir", confie François Plasman. "Pour certains, ça risque d'être difficile de les accrocher encore en distanciel", déplore-t-il.

Sécurité sanitaire à l'école

Pourtant, les règles sanitaires sont respectées à la lettre dans cette école du 18e arrondissement, où les enfants se lavent les mains de nombreuses fois par jour et sont tenus de respecter une distance de sécurité d'un mètre entre eux.

Face à cette situation inquiétante qui risque d'avoir un impact sur de nombreux élèves en difficulté, le recteur de l'académie de Paris, Gilles Pécout, tient à assurer que les parents ne doivent pas avoir peur de renvoyer leurs enfants à l'école.

"Il faut que les familles soient bien conscientes que la place de leurs enfants en toute sécurité sanitaire est en classe", explique-t-il au micro de BFM Paris.

Trois semaines après le déconfinement, dans les quartiers les plus défavorisés de Paris, le taux de présence des élèves ne dépasse parfois pas les 12%.

Juliette Mitoyen