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Déconfinés le 11 mai? "Il s'agit plutôt d'un desserrement des mesures de confinement"

Une femme portant un masque de protection dans les rues de Paris le 26 avril dernier.

Une femme portant un masque de protection dans les rues de Paris le 26 avril dernier. - PHILIPPE LOPEZ / AFP

Le gouvernement a présenté, ce mardi devant l'Assemblée, son plan de sortie du confinement qui devrait prendre effet à partir du 11 mai. Mais dans la crainte d'une deuxième vague de l'épidémie de coronavirus, ce déconfinement progressif restera encore très encadré, et donc restrictif.

Relâcher progressivement l'étau pour permettre la relance de l'économie, mais toujours avec la plus grande prudence: le Premier ministre a présenté ce mardi un plan de déconfinement partiel à partir du 11 mai. Mais celui-ci se déclinera sur mesure selon les territoires et sous conditions, dans la hantise d'une deuxième vague de coronavirus.

Si Edouard Philippe a jugé nécessaire de déconfiner pour éviter "le risque d'écroulement" de l'activité économique et de l'emploi, le Premier ministre a appelé à le faire "progressivement, prudemment" et encore, "si les conditions sont réunies" et que le nombre de cas et d'hospitalisations continue de baisser.

"Une ligne de crête délicate qu'il faut suivre"

Le Premier ministre a d'ailleurs écarté tout retour immédiat au monde d'avant, après six semaines de restrictions sévères. 

"Un peu trop d'insouciance et c'est l'épidémie qui repart. Un peu trop de prudence et c'est l'ensemble du pays qui s'enfonce", a mis en garde le chef du gouvernement, en résumant: "C'est une ligne de crête délicate qu'il faut suivre".

Pour notre éditorialiste politique Alain Duhamel, ce déconfinement n'en est pas réellement un.

"En l'écoutant, j'ai eu l'impression qu'il s'agissait moins d'un déconfinement que d'un desserrement du confinement", estime-t-il. "A la fois on voit vers quoi il veut avancer, mais à chaque fois il reste un cliquet qu'il faudra respecter", analyse encore l'éditorialiste.

Tout au long de son discours, Edouard Philippe a martelé vouloir "protéger les Français sans immobiliser la France". Le déconfinement aura donc lieu, mais sous maintes conditions.

S'il ne sera, par exemple, plus nécessaire d'être muni d'une attestation pour sortir de chez soi, celle-ci sera toujours demandée en cas de déplacements de plus de 100 km de son domicile. Les rassemblements, eux, seront limités à 10 personnes, et les transports en commun adaptés au respect des gestes barrières. 

De la même manière, si les commerces devraient pouvoir rouvrir à partir du 11 mai, les bars, restaurants, cinémas, festivals, manifestations sportives de plus de 5000 personnes et plages resteront fermés et interdits dans un premier temps. Et, à partir de jeudi, la situation sanitaire du pays sera étudiée localement, département par département.

Un déconfinement "sous conditions"

Enfin, "le principe même de déconfiner à partir du 11 mai dépendra de la situation sanitaire quelques jours auparavant", a encore souligné Alain Duhamel sur notre antenne.

En effet, Edouard Philippe a prévenu que les premières mesures de déconfinement annoncées ce mardi ne seraient mises en places que si le nombre de patients en réanimation continuait de décroître. "Si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai" ou alors "nous le ferons plus strictement", a-t-il mis en garde. 

"L'idée de faire les choses avec progressivité et différenciation, cela veut dire qu'il y aura des situations différentes sujet par sujet (éducation, transports, cultes etc). Autrement dit, c'est un déconfinement très contrôlé et très surveillé" auquel nous allons avoir affaire, note Alain Duhamel.

Et pour la prochaine étape du déconfinement, il faudra attendre le 2 juin prochain, puisque le Premier ministre a annoncé que de nouvelles mesures de "desserrement" seraient alors envisagées, toujours en fonction du niveau de l'épidémie.

"Je donne rendez-vous aux Français à la fin du mois de mai pour évaluer les conditions dans lesquelles nous organiserons une nouvelle phase de déconfinement, et prendrons en particulier des décisions sur l’organisation des cafés, des restaurants, des vacances", a expliqué Edouard Philippe
Jeanne Bulant