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Commémorations du 13 novembre: le coup de gueule d'une association de victimes contre la mairie de Paris

Une association de victimes du 13-Novembre, "Life For Paris" se plaint de la gestion de la mairie de Paris sur les commémorations du 13-Novembre.

Une association de victimes du 13-Novembre, "Life For Paris" se plaint de la gestion de la mairie de Paris sur les commémorations du 13-Novembre. - Philippe Lopez - AFP

L'association Life for Paris demande une pleine égalité de traitement entre victimes physiques et psychologiques des attentats à l'occasion des cérémonies de commémoration du premier anniversaire du 13 novembre à Paris.

Les commémorations parisiennes du premier anniversaire des attentats du 13 novembre approchent à grand pas, et la prise en charge des victimes psychologiques pose de plus en plus question. Un acte terroriste génère bien sûr son lot de morts ou de blessés physiques, endeuillant leurs familles respectives, que personne n'a oubliés. Mais il bouleverse également la vie des personnes "indemnes" en apparence, dont la blessure est invisible, mais réelle.

Le 19 septembre, lors de la cérémonie d’hommage national à toutes les victimes du terrorisme, François Hollande s’était d'ailleurs exprimé en ces termes:

"La réparation des corps ne suffit pas. La Nation doit aux victimes d’actes terroristes, la reconnaissance de ce qu’elles ont vécu, cette empreinte que cette horreur abjecte leur a gravé à tout jamais, ces douleurs psychologiques indicibles qui ne s’effaceront jamais, d’où la nécessité de l’accompagnement."

Le président de la République faisait ainsi le lien entre toutes les personnes affectées par des actes terroristes. Un lien que la mairie de Paris ne semble pas avoir pris en compte, un an après le drame.

Le formulaire de la discorde

Au cours des réunions préparatoires aux cérémonies du premier anniversaire du 13 novembre, l'association Life For Paris avait fait part aux équipes d'Anne Hidalgo de la nécessité de voir les blessés psychiques mis sur un pied d’égalité avec les victimes physiques. S'ils pensaient avoir eu gain de cause dans un premier temps, un courrier électronique envoyé ces derniers jours par la Ville a douché leurs espoirs. Ce mail, qui vise à organiser la venue et la présence des victimes lors du dévoilement d’une plaque, a nettement réintroduit la frontière entre blessés corporels et personnes atteintes psychologiquement.

Si, moyennant l’envoi d’un formulaire, les premiers voient leur hébergement et leur trajet vers la capitale pris en charge d’où qu’ils viennent, n'importe où dans le monde, les seconds doivent visiblement faire autrement. Il est ainsi écrit:

"Pour les victimes blessées et familles endeuillées qui souhaitent formuler une demande de prise en charge d’hébergement et/ou de transport, vous devrez renvoyer le formulaire joint dûment" à l’agence chargée de l’accompagnement des participants.

Pour mieux illustrer le problème, voici la réponse reçue par une rescapée anonyme, résidant outre-Atlantique, qui désirait participer aux commémorations du week-end prochain:

"Madame, Nous avons reçu les directives suivantes concernant la prise en charge des moyens de transports. Cette prise en charge a été réservée exclusivement pour les personnes ayant perdu un membre de leur famille dans l'attentat, ou les personnes ayant été blessées physiquement. Je reste à votre disposition pour tout autre renseignement dont vous auriez besoin. Bien cordialement"

Une lettre ouverte pour se faire entendre

Cette distinction n’a pas échappé aux responsables de l’association "Life for Paris" qui ont réagi par l’entremise d’une lettre ouverte:

"Nous sommes fiers de notre ville, c’est pour cette raison que nous avons appelé notre association 'Life for Paris', mais aujourd'hui, force est de constater ​qu'a​ucune prise en charge de leur déplacement et leur hébergement ​n'est accordée aux victimes psychologiques venant des régions de France ou de l'étranger. Cette décision vient renforcer ce sentiment​,​ né dès le lendemain des attentats et qui nous poursuit depuis: les victimes psychologiques sont​, aux yeux de certains, ​des victimes de seconde zone."

En conséquence, l'association demande à l’Hôtel de Ville de corriger le tir pour "offrir le droit à chacune des victimes d’être ensemble, afin de s’occuper des vivants." Ils ont une semaine pour être entendus.
Robin Verner