BFMTV

Attentat de Nice: le pape prône le dialogue devant les familles en deuil

Proches de victimes, blessés ou traumatisés de l'attentat du 14 juillet à Nice, tous les volontaires se sont rendus au Vatican ce samedi pour rencontrer le pape François. Rempli d'émotion, le chef des chrétiens a prôné un dialogue entre les différentes religions.

Une rencontre placée sous le signe de l'émotion. Ce samedi, le pape François a reçu au Vatican les familles en deuil et les victimes de l'attentat du 14 juillet à Nice

Blessés ou traumatisés dans l'attentat, proches de victimes... 180 personnes issues d'une soixantaine de famille ont rencontré le pape. Avec eux, 150 soutiens niçois venus de leur côté en car pour témoigner leur soutien. Des représentants juifs, musulmans, orthodoxes et protestants sont aussi présents, à bord d'une délégation officielle de l'association interreligieuse "Alpes-Maritimes Fraternité". 

Visiblement ému, Jorge Bergoglio s'est adressé directement aux familles: 

"C'est une grande émotion pour moi de vous rencontrer, vous qui souffrez dans votre corps ou dans votre âme parce qu'un soir de fête la violence vous a frappés aveuglément, vous ou l'un de vos proches, sans considération d'origine ou de religion", a déclaré le pape dans le grand hall de la salle Paul VI au Vatican.

Un "dialogue sincère" et des "relations fraternelles"

Dans son discours, le pape a renouvelé ses appels au dialogue entre tous, particulièrement entre chrétiens et musulmans. "L'établissement d'un dialogue sincère et de relations fraternelles entre tous, en particulier entre ceux qui confessent un Dieu unique et miséricordieux, est une urgente priorité", a-t-il lancé, avant de se mêler à la foule de ses victimes et des familles en deuil, pour les saluer, les étreindre et parfois les réconforter de quelques mots. 

Présent lui aussi à Rome, l'imam Boubekeur Bekri, vice-président du conseil régional du culte musulman dans le sud-est de la France, a tenu a préciser qu'un tiers des victimes décédées étaient de confession musulmane. 

L'imam a par ailleurs souligné "l'humanisme intense" du pape François, exprimé par exemple lors de sa visite aux réfugiés principalement musulmans sur l'île grecque de Lesbos.

Un premier entretien avec François Hollande

Le pape François avait déjà reçu le président François Hollande mi-août pour réaffirmer son soutien et son affection au pays touché depuis début 2015 par une série sans précédent d'attentats. Et le 14 septembre, il avait célébré, en compagnie de 80 pèlerins français, une messe en l'honneur de Jacques Hamel, le prêtre égorgé par deux jeunes jihadistes dans son église près de Rouen (nord-ouest de la France).

Le soir du 14 juillet, fête nationale en France, plus de 30.000 personnes venaient d'assister au feu d'artifice en bord de mer lorsqu'un Tunisien de 31 ans, radicalisé et violent, a foncé dans la foule avec un camion de 19 tonnes, faisant 86 morts et 434 blessés.

L'opposition écologiste municipale à Nice a exprimé son objection au nom de la laïcité au choix de la mairie d'affréter deux avions.

la rédaction, avec AFP