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Le bassin méditerranéen se réchauffe 20% plus vite que le reste de la planète

Carte d'illustration du bassin méditerranéen

Carte d'illustration du bassin méditerranéen - Wikimédia

"Le bassin méditerranéen est l'un des points chauds les plus en vue du changement climatique et environnemental", selon un rapport de l'Union pour la Méditerranée. Il s'agit de la deuxième zone la plus impactée par le réchauffement après l'Arctique.

La Méditerranée menacée "à un rythme plus rapide que nous ne le pensions". Le bassin méditerranéen est particulièrement touché par le réchauffement climatique avec une augmentation des températures supérieure de 20% à la moyenne mondiale. Un climat qui menace les ressources agricoles et en eau, ont averti jeudi des experts de la région. 

"Les inévitables calamités dues au changement climatique menacent la Méditerranée à un rythme plus rapide que nous ne le pensions", a déclaré Nasser Kamel, secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée, lors de la présentation de l'étude.

Regroupés au sein du MedEcc, 80 scientifiques de la zone méditerranéenne ont présenté leur rapport jeudi à Barcelone durant une réunion de l'Union pour la Méditerranée, qui regroupe les pays européens et du bassin méditerranéen.

"Le bassin méditerranéen est l'un des points chauds les plus en vue du changement climatique et environnemental. Il abrite 500 millions de personnes", est-il écrit dans la synthèse du rapport. Il s'agit de la deuxième zone la plus impactée par le réchauffement climatique après l'Arctique.

Les scientifiques du MedEcc indiquent que l'augmentation de la température dans le bassin méditerranéen a déjà atteint 1,5ºC par rapport aux niveaux pré-industriels, pour une moyenne mondiale de 1,1ºC. En 2040, selon leur étude, elle devrait atteindre 2,2ºC et pourrait s'élever à 3,8°C dans certaines parties du bassin méditerranéen à la fin du siècle, tandis que les épisodes de canicules deviendraient "plus fréquents et/ou plus intenses"

  • Sécheresse extrême et pluies torrentielles

Cette hausse des températures sera accompagnée d'"une réduction des précipitations dans les décennies à venir", pouvant atteindre jusqu'à 30% dans des zones comme les Balkans ou la Turquie. "Les sécheresses extrêmes deviendront plus fréquentes dans tout le bassin méditerranéen, entraînant des impacts importants sur de nombreux systèmes", explique la synthèse.

Une augmentation des épisodes de pluies torrentielles est aussi à prévoir, mais la "baisse des précipitations associée à l'intensification du réchauffement contribuent à des tendances fortes vers un assèchement du climat", indique l'étude.
  • Une région "pauvre en eau"

Selon les auteurs de l'étude, "plus de 250 millions de personnes seront considérées comme 'pauvres en eau' dans 20 ans". Actuellement le bassin méditerranéen compte 500 millions de personnes. Être pauvre en eau, c'est disposer disposant de moins de 1000 m3 par habitant et par an.

  • L'élévation du niveau de la mer toucherait un tiers de la population
L'élévation du niveau de la mer, si elle dépassait un mètre d'ici 2100, "toucherait un tiers de la population dans les zones côtières de la région et mettrait en péril les moyens de subsistance d’au moins 37 millions de personnes en Afrique du Nord".

Parmi les 20 villes dans le monde les plus impactées par le niveau de la mer, la moitié sont des villes méditerranéennes. Cette eau de mer impactera la productivité des zones agricoles côtières, les nappes phréatiques mais aussi des zones humides et leur précieuse biodiversité. Les récoltes seront également directement affectées par les sécheresses, les vagues de chaleur, la gestion des sols ou encore la pollution

"Les déséquilibres régionaux en matière de sécurité alimentaire vont probablement s'accentuer, corrélativement à une dépendance accrue à l'égard des importations de produits alimentaire", selon le rapport.
  • Les écosystèmes en danger

La pêche est impactée par la surexploitation mais aussi par la disparition d'espèces en raison du réchauffement de la mer. L’augmentation de la température de l’eau a également contribué "à l’ampleur et à l’intensité des épidémies de méduses, qui sont devenues une espèce parasite car elles sont rares et perturbent d’autres écosystèmes très équilibrés", explique l'étude.

Sur terre, l'intensification de l'agriculture a fait perdre de nombreuses espèces de plantes et d'oiseaux, et les incendies, plus nombreux en raison du réchauffement climatique, ont accéléré ce rythme en détruisant de grands pans de forêts et de zones humides. Soit les habitats de nombreuses espèces.

Salomé Vincendon avec AFP