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Jusqu'à 29 degrés dans l'eau: le réchauffement de la Méditerranée menace la faune et la flore marines

La mer Méditerranée "se tropicalise". Un phénomène qui qui met en danger les espèces marines, alerte un océanographe.

Le mer Méditerranée chauffe. Cette année, au moment de la canicule estivale, la température de l’eau en surface a battu des records. 29 degrés ont été relevés à Calvi. Cette augmentation, si elle fait le bonheur des vacanciers frileux, a des conséquences catastrophiques en mer sur la faune et la flore. Les espèces locales, incapables de s’adapter, meurent massivement.

La mer Méditerranée "se tropicalise"

L’augmentation de température induit de nouveaux mouvements d’espèces, entre le sud et le nord de la Méditerranée, et même au-delà. Barracudas, mérous et autres poissons-lions quittent leur habitat naturel, la Mer Rouge, et remontent le canal de Suez. Parmi ces espèces invasives, certaines, comme les poissons-lapins, extrêmement voraces, bouleversent l’écosystème.

"Les poissons sont comme les vacanciers, ils se déplacent pour trouver un habitat adéquat. Mais la Méditerranée est semi-fermée, c’est la limite" explique à BFMTV.com Jean-Pierre Gattuso, océanographe au CNRS et à l’IDDRI.

Les espèces méditerranéennes, elles, souffrent du réchauffement climatique. En particulier celles qui ne peuvent pas migrer. Les invertébrés marins, comme les gorgones ou les herbiers de posidonies pourraient disparaître. Ils sont pourtant essentiels à l’oxygénation de l’eau et limitent l’érosion des côtes.

Des variations brutales

Pour les espèces commerciales, comme les huîtres et les moules, la canicule marine dans les lagunes a aussi des conséquences désastreuses. Les producteurs de l’étang de Thau ont perdu l’essentiel de leur production cette année.

Une situation préoccupante qui s’explique par "la brutalité de ces variations. La Terre a déjà connu des changements importants de températures. Mais ils étaient étalés sur 240 millions d’années, pas quelques décennies", rappelle Jean-Pierre Gattuso.

En 2080, 15 espèces de poissons endémiques de Méditerranée auront disparues. La seule façon de lutter contre le phénomène est de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés d'ici la fin du siècle, affirme Jean-Pierre Gattuso. Un scénario "optimiste", mais envisageable seulement en cas de respect des accords de Paris.

Antoine Etcheto