BFMTV

L'écosystème de la mer Méditerranée en danger

Une étude scientifique révèle que la pollution en mer Méditerranée est plus destructrice que la surpêche. (Photo d'illustration)

Une étude scientifique révèle que la pollution en mer Méditerranée est plus destructrice que la surpêche. (Photo d'illustration) - AFP

Pour la première fois, des scientifiques et biologistes ont mené une vaste étude qui alerte sur les conséquences de la pollution en mer Méditerranée. Celle-ci s'avère être plus destructrice que la surpêche.

La mer Méditerranée court-elle un grand danger? Des scientifiques tentent d'alerter sur les conséquences du réchauffement climatique, plus destructeur pour l'écosystème que la surpêche, dans une étude publiée par la revue britannique Nature

L'étude, menée en collaboration avec des chercheurs français, italiens, espagnols et canadiens, s'appuie sur des données et analyses de laboratoires océanographiques, datées de 1950 à 2011, sur 103 groupes d'espèces marines, allant du phytoplancton et invertébrés aux plus gros prédateurs. En outre, quatre grandes zones divisent la Méditerranée: la mer Méditerranée ouest, la mer Adriatique, la mer Ionienne et la Méditerranée centrale, ainsi que la mer Egée et le bassin Levantin. La chaîne alimentaire a ainsi été étudiée de manière complète.

La mer Méditerranée pourrait atteindre un "point de non-retour"

Le constat est alarmant: la population des poissons destinés à être vendus dans la commerce a diminué de 34%, celle des grands prédateurs, comme les requins, a reculé de 40% et les mammifères marins de 41%. Les organismes du bas de la chaîne alimentaire baissent, eux, de 23%.

Pour Marta Coll, co-auteure de l'étude, cette baisse considérable de la population marine s'explique par "les pollutions terrestres et le réchauffement climatique". Ainsi, la hausse de la température de l'eau empêche les nutriments produits par le plancton de remonter à la surface: "Cette pression humaine affecte directement la production en phytoplanctons qui forment la base de l'alimentation de toutes les espèces présentes", précise l'étude. La surpêche aggrave d'autant plus cette situation. 

En conclusion de l'étude, les scientifiques indiquent que "la mer Méditerranée court un grand risque qui pourrait la conduire à un point de non-retour, avec de graves conséquences pour la biodiversité marine et les économies qui en dépendent". 

Alexandra Milhat