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Comprendre le réchauffement climatique en trois questions

Le mois de juillet 2016 a été le plus chaud de l'histoire moderne. Des records de chaleur qui, selon Henri Landes, maître de conférences à Sciences Po, traduisent la réalité du changement climatique et rappellent l'urgence de modifier nos modes de vie. Eclairage en trois questions.

Que pensez-vous de la température extrêmement élevée de ce mois de juillet?

"Depuis 1880, le mois de juillet de cette année a été le plus chaud. Et on a des records sur tous les autres mois de l'année 2016, qui sera probablement l'année la plus chaude de l'histoire moderne. C'est très parlant, ça montre que le changement climatique est une réalité".

Est-ce que ça signifie que la COP21 n'a servi à rien pour l'instant?

"Non on ne peut pas dire qu'elle n'a servi à rien. Elle a été une étape cruciale pour toute l'humanité, afin de lutter contre le changement climatique. La conférence sur le climat a permis de définir des objectifs qui doivent être respectés dans l'avenir. On a par exemple fixé 2 degrés de dépassement. C’est-à-dire que d'ici 2100, il ne faut pas dépasser les deux degrés.

A chaque COP, les pays doivent s'engager à hausser leur niveau d'ambitions. Et entre chacune de ces conférences, il faut que des politiques concrètes soient mises en place. Mais surtout, il faut accélérer ce travail, parce qu'on voit la réalité du changement climatique: il fait de plus en plus chaud, le niveau de la mer monte de plus en plus rapidement.

Des populations doivent s'adapter au changement climatique tous les jours. Par exemple le 17 août, il y a eu un vote dans un petit village de la côte nord-ouest de l'Alaska pour le déplacer, à cause de la montée des océans. Ce n'est pas nouveau dans le reste de la planète, mais c'est inédit aux Etats-Unis".

Quelles sont les solutions concrètes à mettre en œuvre dans ce combat ?

"Il faut sortir des énergies fossiles, accélérer le développement des énergies renouvelables, faire avancer l'efficacité énergétique, c'est-à-dire consommer l'énergie de manière plus sobre pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. D'ici 2050, nous devons totalement changer l'économie afin qu'elle soit sobre en carbone. Et on peut être optimiste, car on voit qu'en 2015, les investissements dans les énergies renouvelables ont été à leur plus haut niveau.

Cependant, il existe encore beaucoup de subventions publiques aux énergies fossiles. Et il y a également un peu de retard qui s'aggrave en Europe et en France sur le développement des énergies renouvelables. Alors qu'avant, les pays les plus industrialisés étaient ceux qui investissaient dans ce type de ressources et qui tiraient un peu cette révolution technologique, aujourd'hui ce sont plutôt les pays émergents comme l'Inde, la Chine, le Brésil, ou même les Etats-Unis qui investissent plus en terme de rythme que l'Europe. Pour lutter contre le réchauffement climatique il faut dont un effort global qui doit s'accélérer".

Marie-Caroline Meijer avec Stéphanie Zenatti