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INFOGRAPHIE – 1,5 ou 2 degrés de plus: ce que cela change pour la planète

Coraux blanchis par le réchauffement climatique

Coraux blanchis par le réchauffement climatique - Matt Kieffer / Flickr CC

Les experts climatiques de l’ONU sonnent l’alarme: il faut maintenir le réchauffement climatique en dessous de +1,5°C en 2100. De nombreux bouleversements planétaires désormais inévitables s'aggraveraient encore à partir de +2°C supplémentaires. Comparatif des conséquences en infographie.

En une décennie, de 2006 à 2015, la température moyenne à la surface du globe a augmenté de 0,87°C, par rapport aux relevés de l’ère préindustrielle (19e siècle). En continuant au même rythme, le réchauffement climatique devrait atteindre +1,5°C dès 2040, et +2°C en 2060. Dans un rapport choc publié ce lundi, les experts climats de l'Organisation des nations unies (ONU) ont croisé les résultats de près de 6000 études scientifiques. Leur conclusion est sans appel: il faut absolument maintenir la hausse des températures en-dessous des 1,5°C en 2100.

Avec 1,5°C de plus, certains écosystèmes risquent de subir des changements profonds, voire irréversibles. À +2°C, les conséquences citées par les chercheurs sont encore plus dramatiques. L’infographie ci-dessous compare les conséquences d’une hausse de 1,5°C et de 2°C pour la planète à l’horizon 2100.

infographie rapport giec
infographie rapport giec © -

Le pergélisol, ces terres gelées en permanence dans les régions arctiques, perdra de 21 à 37% de sa surface avec un réchauffement climatique à 1,5°C, et jusqu’à 47% s’il atteint les 2°C. Or, en fondant, le permafrost libère d’importantes quantités de dioxyde de carbone et de méthane, amplifiant encore plus l’effet de serre. À 2°C supplémentaires, il est "plausible" que la toundra se retrouve parsemées d’arbres, précise le rapport.

Le Grand Nord ne sera pas le seul biome à changer radicalement. Les experts estiment que 7 à 13% des écosystèmes vont se transformer, selon le degré d’intensité du réchauffement. Sur 105.000 espèces étudiées, 9,6% des insectes, 8% des plantes et 4% des vertébrés verront leur aire de répartition géographique divisée par deux avec 1,5°C supplémentaires, contre 18% des insectes, 16% des plantes et 8% des inversés avec 2 degrés en plus à l’échelle mondiale. Les coraux, espèce la plus emblématique de ce phénomène, pourraient totalement disparaître.

Les stocks de poissons vont gravement s’amenuiser et le rendement des cultures de riz, de maïs et de soja diminueront progressivement, entraînant davantage de famines. Le rapport prévoit dans le même temps une augmentation de 490 millions du nombre de personnes exposées à une pénurie d’eau, pour 2°C supplémentaires, soit 7% de la population mondiale actuelle.

Selon les projections des experts, il faudrait réduire de 45% nos émissions de CO2 avant 2030 et s’approcher du "bilan zéro" carbone en 2050, pour réussir à maintenir le réchauffement climatique à +1,5°C en 2100. Pour cela, la part d’énergies renouvelables dans le mix énergétique mondial devrait atteindre de 70 à 85% en 2050. Les émissions restantes seraient alors compensées en éliminant du CO2 de l’atmosphère.

Emeline Gaube