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"Un A320 se crashe tous les jours": des soignants ulcérés par la "stratégie mortifère" de Macron

Invité sur BFMTV jeudi soir à l'issue de l'allocution du président de la République, le neurologue François Salachas se dit "désarmé" face à son "sang-froid affiché et obstiné".

"Je n'ai aucun mea culpa à faire, ni aucun remords". Jeudi soir, à l'issue du Conseil européen, Emmanuel Macron a assuré que le gouvernement avait "eu raison de ne pas reconfiner la France fin janvier". Mais alors que les contaminations flambent et que le nombre de malades en réanimation a dépassé jeudi les 4700 personnes, se rapprochant ainsi du pic de la deuxième vague à l'automne (4900), de nombreux médecins s'insurgent contre la stratégie gouvernementale.

"Il y a quand même un Airbus A320 qui se crashe tous les jours en France. On a tendance à l'oublier mais cela continue et c'est inadmissible", a réagi sur BFMTV François Salachas, neurologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, membre du collectif Inter-Hôpitaux.

Si le président de la République a assuré vouloir "protéger nos soignants" et "ne jamais les mettre face à des choix éthiques qui ne sont pas les nôtres", le médecin estime que "le mal est déjà fait". "Nous ne sommes pas assez protégés et nous avons l'impression d'un train lancé à grande vitesse", constate-t-il, expliquant ne pas avoir "besoin d'empathie mais de moyens".

François Salachas se dit "désarmé" face à "ce sang-froid affiché et obstiné" de l'exécutif. "Nous avons l'impression de ne pas avoir été entendus à temps" et "nous n'avons pas les bras pour nous occuper des patients", souligne-t-il.

>> EN DIRECT - Covid-19: "Aucun mea culpa" de Macron sur l'absence de confinement en janvier

"Nous allons droit dans le mur"

"Nous allons droit dans le mur", abonde l'épidémiologiste Catherine Hill, invitée ce vendredi matin sur France Info. "On est déjà archi saturés donc cela va devenir totalement intenable. On va pousser les murs, on ne pourra plus prendre en charge des patients qui ont autre chose que le Covid, c'est complètement fou", s'indigne-t-elle.

Si Olivier Véran a estimé que "le temps jouait en notre faveur", Catherine Hill considère quant à elle que "le temps cause chaque jour plus de morts". Elle dénonce "la stratégie mortifère" du gouvernement qui mise sur l'accélération de la campagne de vaccination. Or, "la vaccination ne peut pas aller plus vite que les arrivées des doses", rappelle-t-elle.

"On essaye de camper sur cette position de ne pas confiner et de ne pas fermer les écoles alors que la situation est absolument dramatique", souligne-t-elle.

"Pour contrôler cette épidémie, il faut confiner très fermement y compris en fermant les écoles et se mettre enfin à tester systématiquement la population", préconise-t-elle.

Jeudi soir, Emmanuel Macron a confié que "de nouvelles mesures" pourraient être prises "sans doute dans les prochains jours, les prochaines semaines" pour freiner la propagation du virus. "Nous les prendons tous ensemble à la lumière des faits, en étant transparents", a-t-il indiqué.

Mélanie Rostagnat Journaliste BFMTV