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"On a perdu le contrôle de la situation": des élus des zones confinées réclament des mesures plus fortes

Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé ce jeudi un confinement dans trois départements supplémentaires, identique à celui mis en place en Île-de-France et dans les Hauts-de France notamment. Des restrictions jugées insuffisantes par certains élus concernés.

Lors d'une conférence de presse ce jeudi, Olivier Véran a annoncé l'extension des nouvelles restrictions sanitaires à trois départements supplémentaires, le Rhône, la Nièvre et l'Aube, en plus des 16 départements déjà concernés depuis le week-end dernier. Mais alors que le ministre de la Santé a alerté sur la situation sanitaire, "pas bonne", il n'a pas fait d'annonces supplémentaires.

Des voix s'élèvent donc ce jeudi soir pour réclamer davantage de restriction. Certains élus des 19 départements confinés dénoncent en effet des mesures "insuffisantes" pour freiner la propagation du Covid-19.

"Il est temps que le sanitaire reprenne le dessus. On dépasse les limites, la réanimation est complètement saturée et, dans la Nièvre, le taux d'incidence a doublé en deux semaines pour atteindre maintenant 340 pour 100.000, avec 85% de virus anglais", a rappelé Alain Lassus le président du département de la Nièvre à l'Agence-France Presse, estimant qu'on avait "perdu le contrôle de la situation" et "qu'il aurait fallu confiner probablement dès fin février".

Une lenteur du gouvernement face à la crise sanitaire également pointée par François Baroin, maire de Troyes, dans l'Aube, qui estime qu'"on a perdu beaucoup de temps".

"Il y a une semaine, si j'en avais eu la possibilité, j'aurais pris comme maire de Troyes la décision d'établir un confinement strict, permettant de mieux protéger la population", a-t-il déclaré sur notre antenne. L'édile a appellé à l'accélération de la vaccination et à ce que les enseignants soient prioritaires, "si on souhaite maintenir nos écoles ouvertes".

Fermer ou non les écoles?

Pour François Baroin, "la question des écoles doit être posée, elle ne doit pas être un tabou", y compris les maternelles, "car les parents tombent malades, parfois des parents jeunes", a-t-il ajouté, alors que le ministre de la Santé a réaffirmé que la fermeture des écoles était "une décision de dernier recours".

"Il faut fermer les écoles le plus rapidement possible et pour cinq semaines à mon avis, afin de couper le développement du virus", abonde Alain Lassus.

En Île-de-France, la présidente de région Valérie Pécresse a quant à elle proposé dans les colonnes de Paris-Match d'avancer la date des vacances de Pâques de 15 jours, au 2 avril pour freiner l'épidémie, alors que la situation hospitalière est de plus en plus tendue. Une proposition qui selon nos informations n'est pas totalement exclue par l'exécutif, mais l'appel de Valérie Pécresse reste pour le moment lettre morte.

"Ça nous semble une mesure à la fois efficace, pragmatique et n'ayant pas de conséquences économiques dramatiques comme d'autres mesures de confinement beaucoup plus strictes. Je ne vois pas comment on tient une ou deux semaines de plus comme ça", a regretté après la conférence de presse du gouvernement Alexandra Dublanche, vice-présidente "Libres!" de la région Île-de-France sur notre antenne.
Fanny Rocher avec AFP