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"L'épidémie est hors de contrôle": pour l'ex-directeur général de la Santé, un confinement strict est nécessaire

L'ancien directeur général de la Santé William Dab s'inquiète de la saturation des hôpitaux et du profil des patients qui sont admis en réanimation, plus jeunes qu'auparavant.

Un an après, bis repetita pour un nouveau confinement strict? C'est ce que semble craindre le médecin et ancien directeur général de la Santé (DGS) entre 2003 et 2005, William Dab.

"La situation épidémique est mauvaise et il nous faut agir", a reconnu mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, en sortie de l'hebdomadaire Conseil des ministres.

"Aujourd'hui l'épidémie est hors de contrôle", a renchéri William Dab ce jeudi matin sur BFMTV.

Des patients en réanimation plus jeunes

Le lointain prédécesseur de Jérôme Salomon souligne particulièrement "deux choses inquiétantes": l'âge des patients admis en réanimation, "30% (...) ont moins de 60 ans", et "les durées de séjour plus longues, ce qui ne va pas arranger la disponibilité des lits, essentiellement parce que le variant britannique qui est dominant chez nous est plus grave que le précédent", analyse-t-il.

Pour le spécialiste de santé publique, les mesures de restriction annoncées la semaine dernière pour 16 départements ne sont en rien un confinement -"pour l'essentiel on a fermé des petits commerces, pas tous"- et "ne sont pas susceptibles de maîtriser la courbe" des contaminations.

"Si l'objectif est un objectif de santé publique, il n'y a guère d'autre solution qu'un confinement, et comme on a beaucoup attendu pour prendre cette décision, c'est un confinement qui va être dur et qui va sûrement être long", ajoute William Dab.

Ne pas confiner avant, une perte "au plan de la santé"

"Le moindre jour de confinement qu'on peut éviter aux Français, il faut qu'on le prenne", prônait Gabriel Attal en janvier dernier. Pour William Dab, cette optique a permis de gagner "au plan économique, au plan pédagogique, et on a perdu au plan de la santé".

Outre un confinement, le médecin voit d'un bon oeil la proposition de la présidente LR d'Île-de-France Valérie Pécresse d'avancer les vacances de printemps de deux semaines.

"L'an dernier, on est confiné le 16 mars jusqu'au 11 mai, et en réalité la courbe épidémique s'est cassée mi-avril, il a fallu un mois d'un confinement très strict pour casser la courbe, mais à l'époque le taux de reproduction de l'épidémie était de 3. Aujourd'hui il est de 1,2, ce qui signifie que 10 personnes en contaminent en moyenne 12 autres, donc on peut espérer que ce serait moins long", ajoute William Dab.

Est-il envisageable que le retour des beaux jours permette d'aider à la maîtrise du virus? Ce facteur laisse William Dab sceptique: "L'effet du climat est que nous passons plus de temps dehors", avance-t-il.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV