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INFOGRAPHIE. Covid-19: femmes et hommes inégaux face à la maladie

Le personnel soignant de l'hôpital de Muret proche de Toulouse, le 17 novembre 2020

Le personnel soignant de l'hôpital de Muret proche de Toulouse, le 17 novembre 2020 - Lionel BONAVENTURE © 2019 AFP

Les hommes sont plus nombreux que les femmes à développer une forme grave du virus, sans qu'une explication évidente ne puisse à ce stade être apportée à cette différence.

Depuis le début de la crise sanitaire liée au coronavirus, études et statistiques tendent à montrer que les hommes sont davantage sujets à des formes graves du coronavirus. Les chiffres relayés par l'observatoire cartographique de Santé Publique France, Géodes, appuient ces conclusions. Actuellement, 15.676 femmes sont hospitalisées en raison du coronavirus, contre 16.798 hommes.

L'écart se creuse au niveau des hospitalisations en réanimation: 1307 femmes y sont actuellement admises, contre 3411 hommes. Depuis le 1er mars, Géodes recense la mort de 13.151 femmes et de 18.863 hommes à l'hôpital.

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Une différence qui n'est pas propre à la France

Selon le bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé Publique France publié le 12 novembre, 53% des patients hospitalisés depuis le 1er mars sont des hommes, et depuis cette même date, les patients décédés à l'hôpital étaient à 59% des hommes.

Des chiffres qui laissent présager qu'en effet, les hommes sont plus vulnérables que les femmes face au SARS-CoV-2. Selon une étude des Hôpitaux universitaires de Strasbourg et de l'Institut Pasteur, relayée par Le Parisien, les hommes perdraient également plus rapidement leurs anticorps après une contamination au coronavirus.

En août dernier, une étude américaine tendait à démontrer que les femmes avaient une meilleure réponse immunitaire que leurs congénères masculins, ce qui pourrait expliquer le nombre de cas graves plus importants chez les hommes.

"Au début de l'épidémie, dans la série de cas de Wuhan en Chine, on avait déjà vu ce déséquilibre hommes - femmes. C'est quelque chose qui n'est pas spécifique à la France", fait valoir le professeur Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale de l'université de Genève, auprès de BFMTV.com.

Un écart pas forcément étonnant

Cette disparité ne s'explique pas encore catégoriquement. "On n'a pas d'explications très tranchées mais on a des hypothèses, et parmi les hypothèses, il se peut que les hommes aient un peu plus souvent que les femmes des facteurs de risque prédisposant à la gravité du Covid-19, les hommes étant plus souvent hypertendus, diabétiques, plus souvent en surpoids que les femmes, c'est une première chose", note Antoine Flahault.

Pour l'épidémiologiste, cet écart n'est donc pas forcément étonnant: "Ce n'est pas complètement élucidé mais pas complètement inattendu non plus. La chose plus surprenante, c'est l'ampleur de cette différence."

"Une seconde hypothèse serait des différences dans les récepteurs des cellules qui fixent le coronavirus, qui pourraient être plus nombreux ou plus 'efficaces' chez l’homme que chez la femme. Il faut savoir que l'espérance de vie dans tous les pays du monde est supérieure chez les femmes par rapport aux hommes sans qu'il n'y ait d'explication claire sur cette observation", poursuit Antoine Flahault. "Dès le plus jeune âge, la mortalité infantile est plus élevée chez les garçons que chez les filles. A tous les âges de la vie, les femmes ont plutôt une meilleure survie que les hommes."

En 2019, l'espérance de vie à la naissance des femmes était de 85,6 ans pour les femmes, et de 79,7 ans pour les hommes, selon l'Insee. Un écart qui, toutefois, tend à se réduire.

Depuis le début de l'épidémie, le Covid-19 a tué 46.700 personnes en France. Mercredi, selon Santé Publique France, 427 personnes étaient mortes des suites de la maladie à l'hôpital, au cours des 24 dernières heures.

Clarisse Martin et Louis Tanca