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Incendie de l'usine Lubrizol à Rouen: des premiers résultats "très rassurants" sur les dioxines

L'usine Lubrizol de Rouen en cendres après l'incendie, le 27 septembre dernier

L'usine Lubrizol de Rouen en cendres après l'incendie, le 27 septembre dernier - Lou Benoist - AFP

Les autorités cherchent actuellement à mesurer une éventuelle contamination des produits alimentaires par cette pollution. En attendant, la récolte des fruits et légumes a été interdite dans une centaine de communes en Normandie et dans les Hauts-de-France.

Les premières analyses sur une éventuelle contamination des produits alimentaires par des dioxines à Rouen sont "très rassurants" a affirmé dimanche la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Onze jours après l'incendie de l'usine chimique Lubrizol, les tests continuent dans la zone touchée par la catastrophe, mais toutes les conclusions ne sont pas encore disponibles.

"Nous avons les premiers résultats qui sont très rassurants sur la dioxine sur les fourrages, les légumes, les fruits et dans le lait", a déclaré la ministre sur LCI.

Les récoltes pour l'instant interdites

La "dioxine est dans les suies et va être plaquée au sol et c’est par là que ce fait la contamination", expliquait sur RMC le toxicologue André Cicolella. Ces substances, "mutagènes, cancérigènes, qui créent des problèmes endocriniens", sont extrêmement résistantes, précisait sur BFMTV Frédéric Poitou, ingénieur chimiste. Après le sinistre, la récolte des fruits et légumes a donc été interdite dans une centaine de communes en Normandie et dans les Hauts-de-France.

"Nous attendons des prélèvements complémentaires pour vérifier (...) qu'après une semaine d'accumulation les prélèvements restent toujours en dessous des seuils reconnus comme ceux de l'environnement normal, et si c'est le cas, nous pourrons lever toutes les restrictions sur l'alimentation dans la zone qui a été touchée par les fumées et les retombées des fumées de l'incendie", a-t-elle ajouté.

Les produits brûlés de l'usine voisine non-identifiés

Agnès Buzyn a par ailleurs déclaré que tout risque lié à l'amiante était écarté en dehors du site industriel et que les hydrocarbures n'étaient présents qu'à l'état de "traces" dans les prélèvements réalisés, mais "rien de plus" que la pollution normale à Rouen.

La ministre a également confirmé que l'entreprise voisine du site de Lubrizol, Normandie Logistique, elle aussi partiellement incendiée, n'avait toujours pas précisé quels produits avaient brûlé parmi les 9.050 tonnes stockées avant le sinistre.

"Ça n'est pas un site Seveso classé haut, a-t-elle dit, pour autant nous avons besoin de connaître exactement le type de produits qui a été concerné par l'incendie" pour savoir si des "prélèvements supplémentaires" doivent être faits, a déclaré la ministre.
Salomé Vincendon avec AFP