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Incendie de l'usine Lubrizol à Rouen: des niveaux de dioxines "relativement faibles" mesurés

L’incendie de l’usine de Lubrizol a provoqué des émissions de dioxines, selon le directeur de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques. Ces polluants organiques seraient présents dans un taux "relativement faible", relativise l’Ineris. Une affirmation qui est loin de rassurer les Rouennais.

Les résultats des premières analyses continuent de tomber, une semaine après l’incendie de l’usine Lubrizol. Mercredi soir, l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) a révélé qu'il était "possible" que la combustion de produits chimiques survenue lors du sinistre "ait conduit à l'émission de dioxines". Ces molécules invisibles se déposent sur les suies issues du panache de fumée.

Pas "d'inquiétude particulière" pour les autorités

Lors d’une conférence de presse, le directeur de l’Ineris, Raymond Cointe, s’est voulu rassurant, affirmant que ces polluants avaient été mesurés à des niveaux "relativement faibles". Il a évoqué des mesures réalisées sur les suies du panache de fumée comprises entre 0,04 et 0,20 nanogrammes d'équivalent dioxines par mètre carré. Des niveaux proches de la "pollution de fond", mesurée à 0,06 nanogramme.

"Je ne pense pas qu'il faille avoir d'inquiétude particulière", a-t-il estimé. "En l'occurrence, beaucoup d'incendies conduisent à l'émission de dioxines."

Mais le collectif Lubrizol y voit la preuve que leurs inquiétudes au niveau des conséquences sanitaires étaient fondées, contrairement à ce qu’affirment depuis une semaine les autorités. La diffusion de ces premiers résultats "confirment un petit peu notre frayeur", réagit au micro de BFMTV Nicolas Huet de Barros, membre de l’association. "On nous dit: 'En fait, vous avez eu raison de vous inquiéter'".

D'autres analyses en cours

Selon certains spécialistes, les dioxines restent longtemps dans l’organisme humain et peuvent avoir une toxicité élevée sur le long terme. Ces polluants peuvent entraîner diverses pathologies comme "des cancers", notamment du sein pour les femmes, "et des problèmes au niveau du système immunitaire", explique à BFMTV Laurence Labat, biologiste et toxicologue.

Elle précise qu’il convient de se montrer très vigilant: nettoyer son intérieur pour éviter l’accumulation de poussière et surtout ne pas manipuler les résidus d’éléments carbonisés qui pourraient se trouver aux abords du site touché par l’incendie.

Face à ces risques sanitaires, le directeur de l’Ineris a annoncé que les investigations allaient se poursuivre, notamment sur les produits alimentaires car en "matière de dioxines, la source principale potentielle de contamination est une source par ingestion", notamment via l'alimentation. D'autres analyses sont en cours.

Ambre Lepoivre avec AFP