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"Le moral est au plus bas": après l'incendie à Rouen, les agriculteurs ne peuvent toujours pas vendre leurs productions

Huit jours après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen, les agriculteurs attendent toujours les résultats des prélèvements réalisés sur leurs cultures. Au moins 1800 d’entre eux ont été touchés par les suies en Normandie et dans les Hauts-de-France.

Les cultures de Normandie et des Hauts-de-France sont prêtes à rejoindre les étals des marchés, mais leur commercialisation est toujours suspendue, plus d'une semaine après l'incendie de l'usine Lubrizol. Les suies et résidus issus des combustions à Rouen immobilisent toujours les agriculteurs.

"La dangerosité des résidus et suies sera déterminée par les analyses scientifiques", a prévenu le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume. En attendant, "nous avons mis en place un principe de précaution très fort" interdisant notamment la commercialisation du lait et autres productions agricoles.

Des camions à moitié vides

"On attend le résultat d’analyses de légumes plein air pour savoir si on peut récolter ou pas", commente à la caméra de BFMTV Pascal Prévost. Seul un quart de la production de ce maraîcher se fait sous serre et peut donc être vendu, le reste est cultivé en plein air et soumis à la restriction temporaire.

Pascal Prévost prépare donc pour le marché les légumes qu’il avait récoltés avant l’incendie: "Au lieu d’avoir tout un camion plein, j’en ai moins de la moitié qui est remplie." Conséquence: la semaine dernière, il a réalisé 25% de chiffre d’affaires en moins.

Toutefois, le maraîcher reste "assez serein" "Je n’ai pas eu de dépôt de suie, ni de traces d’hydrocarbures visibles sur mes légumes. Le nuage était légèrement déporté par rapport à ma parcelle", affirme-t-il.

"On n’avait pas besoin de ça"

D'autres sont plus soucieux: après avoir "déjà vécu une année difficile, on n’avait pas besoin de ça", lance Patrice Faucon, président de la FNSEA 76 et agriculteur. "Ce n’est pas simple quand vous faites de l’élevage et que c’est déjà difficile en temps normal. Le moral est au plus bas."

Face aux appréhensions, le ministre de l’Agriculture s’est voulu rassurant et a affirmé que les agriculteurs qui ne pourront pas vendre leurs productions seront indemnisés grâce au Fonds de mutualisation du risque sanitaire et environnemental (FMSE).

Juliette Andrieux avec Ambre Lepoivre