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Départements verts ou rouges: le taux de tests positifs, nouvel indicateur du déconfinement

Un biologiste avec un échantillon d'un test de dépistage de coronavirus, à Neuilly-sur-Seine le 22 avril 2020

Un biologiste avec un échantillon d'un test de dépistage de coronavirus, à Neuilly-sur-Seine le 22 avril 2020 - THOMAS COEX / AFP

Des données complètes, par départements, vont être diffusées à partir de ce jeudi, concernant les résultats des tests de dépistage au coronavirus. Cela permettra d'avoir une idée plus précise de la circulation du Covid-19 en France.

La France se déconfine progressivement depuis le 11 mai, assouplissant peu à peu ses règles, et vérifiant à chaque nouveau pas si la propagation du coronavirus continue de diminuer. Pour observer l'évolution de la circulation du Covid-19, les dépistages sont un outil primordial, mais jusque là, les données des tests n'étaient pas disponibles, ou de façon partielle. 

"Nous allons avoir dès jeudi un nouvel indicateur très prometteur de suivi des activités de test", assure dans une interview au Figaro Daniel Lévy-Bruhl, responsable de l’unité infections respiratoires et vaccination chez Santé publique France. Le taux de positivité des tests de coronavirus deviendra alors le quatrième critère permettant de dessiner la carte du déconfinement.

Des données de dépistage plus complètes

Ce bilan plus complet s'appuiera sur "la base de données SI-DEP (système d'informations de dépistage, ndlr), qui centralise tous les tests virologiques par RT-PCR effectués en France que ce soit dans les laboratoires publics ou privés, ambulatoires ou hospitaliers" explique Daniel Lévy-Bruhl. Sur cette plateforme "sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires de tests Covid-19", explique le ministère de la Santé.

Le premier bilan de ce système a été publié mercredi soir dans le communiqué quotidien de la Direction Générale de la Santé, et "fait apparaître un taux de positivité des tests de 2,3%" au niveau national. "On a une estimation qui est globale", rappelle jeudi le cardiologue Alain Ducardonnet, spécialiste santé pour BFMTV, mais il souligne que ce chiffre "est relativement bas dans la circulation du virus".

Ces données de dépistage sont très attendues. Jusque là, elles étaient "extrêmement parcellaires, très peu mises à jour", déclarait lundi sur BFMTV Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève (Suisse). Lui pointait du doigt le peu de transparence des autorités françaises sur ce point.

Pourquoi les résultats n'arrivent-ils que maintenant?

"Nous n’avions pas d’indicateur fiable du nombre total de cas" jusqu’au 11 mai explique au Figaro Daniel Lévy-Bruhl, car les stratégies de dépistage ont plusieurs fois évolué. Depuis le 11 mai, des dépistages sont réalisés de façon systématique chez les personnes présentant des symptômes, alors qu'auparavant, le test était réalisé uniquement chez des cas graves ou des personnes à risques.

"On se demandait pourquoi ces résultats de test n'arrivaient pas", interroge Alain Ducardonnet, "c'est probablement parce qu'on a voulu départementalisé les choses, et donc cela a pris beaucoup plus de temps pour regrouper les laboratoires biologiques de ville, mais aussi les laboratoires vétérinaires, police et public".

"Ce qui va être intéressant c'est de voir ce qu'il se passe dans les différents départements, et c'est pour cela que ça a pris du temps", note Alain Ducardonnet. Car les résultats plus détaillés qui seront désormais disponibles par départements, permettront une vision plus claire de la propagation du coronavirus d'une zone à l'autre. Ces données vont entrer en jeu dans la détermination en vert ou rouge d'un département, fixant la rigueur des règles qui s'y appliqueront.

Pourquoi les dépistages sont-ils si importants?

Le dépistage représente un intérêt double pour surveiller le niveau de l'épidémie. "On veut à la fois mesurer la circulation du virus dans la population, mais aussi surtout dépister et trouver tous les petits foyers d'épidémie qui sont susceptibles de se rallumer, comme on le faisait avant la phase épidémique où on essayait d'éteindre au maximum les incendies", expliquait lundi sur BFMTV Jacques Battistoni, président du syndicat des médecins généralistes MG France.

Sur le site du gouvernement, publiant chaque jour les nouvelles données récoltées quant à la circulation du coronavirus, seules les données des laboratoires de villes sont postées pour le moment. Ces chiffres fragmentaires recensent 39.927 cas positifs sur un total de 405.693 tests réalisés, soit un taux de positivité d'environ 10% sur l'ensemble de l'épidémie, mais ce taux apparaît en nette baisse ces dernières semaines.

Salomé Vincendon