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Covid-19: pour Santé Publique France, "la circulation du virus tend à progresser" dans le pays

Les rives de Seine à Paris, le 2 juin 2020, à l'ouverture de la deuxième phase de déconfinement.

Les rives de Seine à Paris, le 2 juin 2020, à l'ouverture de la deuxième phase de déconfinement. - BERTRAND GUAY / AFP

Depuis maintenant plusieurs jours, une multiplication des clusters a été notée sur le territoire français, où le R effectif est repassé au-dessus de 1.

Presque deux mois jour pour jour après la fin du confinement, où en est l'épidémie de coronavirus en France? Dans son dernier bilan épidémiologique daté du 9 juillet, Santé Publique France (SPF) tire le signal d'alarme quant à un potentiel retour du Covid-19 sur le territoire, tout en signalant que "la circulation du virus reste à un niveau bas."

La question du R effectif

"La circulation du virus tend à progresser", est-il souligné dans un premier temps. Quelques lignes plus loin, on apprend que les principales inquiétudes de SPF sont les suivantes: "l'augmentation de l’incidence des cas de COVID-19, l’augmentation du nombre de cas ainsi que le R effectif qui est significativement supérieur à 1."

En ce qui concerne ce dernier point, il avait déjà été décisif à l'heure du déconfinement en mai dernier. Il s'agit en réalité du "taux de reproduction" du virus, qui mesure le nombre de personnes en moyenne qu'un malade va contaminer autour de lui, au sein d'une population donnée, ni immunisée ni vaccinée.

Si le R effectif est égal à un, alors une personne malade aura plus de chances d'en contaminer une seconde. Le 11 mai dernier, le ministre de la Santé Olivier Véran avait estimé que le taux de contagion sur l'ensemble du territoire français était de 0,6. Actuellement, dans certains territoires français, le R0 dépasse "signficativement" 1, d'après les données de Santé Publique France: c'est le cas dans les Pays-de-la-Loire, la Nouvelle-Aquitaine et la région PACA. En Guyane, où la situation inquiète particulièrement les autorités, il frôle les 3.

Investigations sur différents clusters

Depuis le début du déconfinement, les autorités sanitaires ont également rapporté que 333 clusters avaient été signalés. Parmi eux, moins d'un quart (71) sont encore en cours d'investigation dont un à Laval, dans le département de la Mayenne, durement touché ces derniers jours, où les chaînes de transmission n'ont pas encore été reportées. En Guyane, une quinzaine de clusters restent encore sous investigation.

Si une dernière enquête de séroprévalence souligne que 6,7% de la population aurait déjà été infectée, le nombre d'actes SOS Médecins pour suspicion de Covid a augmenté ces derniers jours, tandis que les nouvelles hospitalisations et entrées en réanimation continuent à baisser.

Augmentation aussi chez les enfants

Comme l'a également repéré Le Parisien, une nette progression a été recensée chez les enfants. "L'augmentation est plus marquée chez les enfants de moins de 15 ans que la moyenne, avec 397 actes pour ce motif de suspicion de SARS-CoV-2, contre 235 la semaine précédente", explique encore SPF.

"Cette tendance à la hausse peut s'expliquer par la reprise de l'école qui a eu lieu avant les vacances scolaires d'été, et pour laquelle le retour à la collectivité a favorisé les infections respiratoires", est-il encore expliqué.

Comme l'a fait ce vendredi matin Olivier Véran au micro de BFMTV et RMC, Santé Publique France encourage également "à maintenir la plus grande vigilance et continuer à adopter les mesures de prévention préconisées" afin d'éviter la propagation coronavirus en France.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV