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Covid-19: le fléchissement de l'épidémie en Île-de-France "ne doit pas entraîner un relâchement général"

Invité ce samedi sur le plateau de BFMTV, le chef du service de réanimation de l'hôpital Ambroise-Paré, à Boulogne-Billancourt, estime que le plateau a été atteint mais invite les Français à poursuivre leurs efforts.

Depuis plusieurs jours, les autorités sanitaires observent un ralentissement de l'épidémie, notamment dans les métropoles où un couvre-feu avait été mis en place avant l'instauration début novembre d'un nouveau confinement généralisé. C'est notamment le cas en Île-de-France où la pression hospitalière diminue.

"Dans les hôpitaux franciliens, nous avons un recul suffisamment important des hospitalisations conventionnelles depuis plusieurs jours pour nous permettre de penser que l'on a atteint ce fameux plateau et que l'on commence une certaine décrue", confie ce samei sur BFMTV le chef du service de réanimation de l'hôpital Ambroise Parré à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine.

Appel à la prudence

Comme Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, ou le Premier ministre Jean Castex plus tôt dans la semaine, Antoine Vieillard-Baron estime que ce fléchissement est le résultat des "mesures qui ont été prises et des efforts de tous".

"Nous sommes dans une situation moins inquiétante que celle que nous redoutions grâce aux effets probablement du couvre-feu, mais peut-être pas encore du confinement", explique-t-il ainsi, tout en invitant à la prudence.

"Nous avons un message à faire passer qui n'est pas forcément simple, qui est un message plutôt positif, et cela fait du bien d'entendre de bonnes nouvelles, mais qui ne doit pas entraîner un relâchement général", affirme Antoine Vieillard-Baron qui estime toutefois que dans les services de soins critiques, si un "frémissement de moindre augmentation" est perceptible, son niveau n'est "pas encore suffisant".

Des patients transférés en Île-de-France

Malgré un taux de positivité des tests PCR qui diminue de jour en jour en Île-de-France (17,7% vendredi contre 25% il y a quelques jours), la charge de travail des soignants reste "extrêmement importante", souligne-t-il, d'autant plus que les services de réanimation de la région accueillent désormais des patients transférés depuis des régions qui sont plus fortement saturées.

"On ne diminue pas trop vite notre attention et notre vigilance notamment parce que l'on a aussi à faire un effort de solidarité vis-à-vis d'autres régions du territoire qui sont très touchées. Si l'Île-de-France commence à aller mieux, elle peut servir de soupape de sécurité à d'autres régions et c'est d'ailleurs ce qui a déjà eu lieu cette semaine avec un certain nombre de transferts depuis la région Auvergne-Rhône-Alpes", rappelle Antoine Vieillard-Baron.
Mélanie Rostagnat Journaliste BFMTV