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Covid-19: avec la baisse des rendez-vous, les vaccinodromes en sous-régime

Le nombre de primo-vaccinés est passé de plus de 400.000 injections par jour début juin, à à peine plus de 200.000 cette semaine.

"C'est trop peu, on a fait beaucoup mieux, on doit faire beaucoup mieux", a lancé jeudi le Premier ministre Jean Castex, au sujet de la campagne vaccinale en France. "Nous devons accélérer, encore", a tweeté le même jour le président de la République Emmanuel Macron, appelant tous ceux "qui ne sont pas encore vaccinés à prendre rendez-vous". Face à la nette baisse du nombre de primo-injections, l'exécutif tente tout pour remobiliser les Français.

Si à première vue, la France vaccine toujours à tour de bras, avec près de 700.000 injections quotidiennes, la cadence n'est maintenue que par les deuxièmes doses. Le nombre de primo-vaccinés est lui passé de plus de 400.000 injections par jour début juin, à à peine plus de 200.000 cette semaine, selon les derniers chiffres du ministère de la Santé. Et cette baisse se ressent fortement dans certains centres de vaccination.

"Beaucoup, beaucoup moins de monde que la première fois"

Ainsi à Saint-Quentin (Yvelines), 30% des créneaux seulement sont réservés actuellement. Dans ce centre 14.000 injections sont réalisées chaque semaine, soit une baisse de 50% par rapport au mois dernier. Face au manque de candidats, ce vaccinodrome pourrait même fermer ses portes prochainement et être remplacé par un centre plus petit, selon les informations de BFMTV.

"Je suis là depuis 13h, j'ai dû passer une vingtaine ou une trentaine de patients", explique sur notre antenne Pierre Lemaire, pompier-infirmier, qui vaccine sur place, alors qu'il y a quelques semaines, "on était à 70 sur la même masse horaire".
Salle d'attente au centre de vaccination de Saint-Quentin dans les Yvelines le 24 juin 2021
Salle d'attente au centre de vaccination de Saint-Quentin dans les Yvelines le 24 juin 2021 © BFMTV

Même remarque du côté des patients. Par rapport à l'affluence pour la première injection, "il y a beaucoup, beaucoup moins de monde que la première fois" note l'une. Cette baisse "me choque un peu parce que je sais qu'il y a encore beaucoup de monde qui n'est pas encore vacciné", exprime une autre.

Chaises vides et créneaux libres

Dans d'autres centres de vaccination en France, les chaises vides et les créneaux libres par centaines ont aussi été remarqués.

"La tendance est à la baisse, les gens semblent démotivés, l'approche des vacances démotive. C'est dommage, on a beaucoup de places, on peut recevoir les gens toute la journée ou presque", déclare la responsable d'un centre de vaccination en Mayenne à France Bleu. "Je suis arrivée à 14 heures, il est 16 heures et j’ai vacciné dix personnes. Je n’ai jamais vu ça", explique à La Montagne Cécile de Longeville, infirmière à la retraite venue aider dans un centre de vaccination à Vichy (Allier).

Certains centres de vaccination semblent toutefois conserver une affluence égale, comme le note France Bleu à Nantes (Loire-Atlantique): "Les personnes qui souhaitent voyager finissent par être convaincues, tout comme les jeunes qui se font vacciner avant un départ en colonie ou un boulot d'été", note la responsable du centre de vaccination de la Beaujoire.
Salle d'attente du centre de vaccination de Romainville (Seine-Saint-Denis), le 8 juin 2021
Salle d'attente du centre de vaccination de Romainville (Seine-Saint-Denis), le 8 juin 2021 © OLIVIER MORIN / AFP

"Le risque de ne pas atteindre l'immunité collective"

Doctolib recense tout de même ces derniers jours moins de 150.000 inscriptions quotidiennes pour une première dose, contre plus de 250.000 début juin. "Il reste encore 160.000 créneaux disponibles à 3 jours", écrivait la plateforme jeudi. "Des milliers de créneaux de Vaccination sont disponibles", assurait de son côté mardi Vite Ma Dose.

Actuellement, 48,8% de la population a reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19, et 29,8% présentent un schéma vaccinal complet, mais cela ne permet pas une immunité collective de la population.

Or, "le risque de ne pas atteindre l'immunité collective, est d'avoir une quatrième vague en septembre-octobre, d'autant que dans de nombreux pays, on voit apparaître des mutants", explique sur BFMTV Patrick Berche, membre de l'Académie nationale de médecine, ex-directeur de l'institut Pasteur. Le variant Delta a par exemple été identifié dans plusieurs départements en France.

L'objectif du gouvernement est de passer la barre des 40 millions de primo-vaccinés à la fin de l'été, dont 85% des adultes atteints de "comorbidités" ou âgés de plus de 50 ans, et 35 millions de "schémas complets" d'ici fin août.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV