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Coronavirus: pourquoi les rapatriés ont-ils tous été placés dans les Bouches-du-Rhône?

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Entre le centre de vacances de Carry-le-Rouet et l'Ensosp d'Aix-en-Provence, les autorités françaises ont choisi de concentrer leurs ressortissants rapatriés de Chine dans les Bouches-du-Rhône.

En l’espace de trois jours, les Bouches-du-Rhône ont accueilli quelque 240 Français rapatriés de Chine. Deux avions en provenance de Wuhan se sont posés à la base militaire d'Istres vendredi et dimanche avec, à leur bord, des Français fuyant l’épicentre de l’épidémie de coronavirus.

Sur décision des autorités, ils ont été dispatchés entre un centre de vacances à Carry-le-Rouet et l’école nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers d’Aix-en-Provence, pour une période de 14 jours, le temps de vérifier qu'ils ne contractent pas le virus. Mais pourquoi le département des Bouches-du-Rhône a-t-il été choisi pour accueillir ces rapatriés sanitaires?

  • "Le département répond aux critères édictés"

Il semble que cette région du sud de la France présente de nombreux atouts.

"Ce choix a été fait car le département répondait aux critères qui avaient été édictés. À savoir, un aéroport pouvant accueillir un A380, être doté d'un hôpital de référence sur ces pathologies et de centres d'hébergements avec une grande capacité d'accueil", indique Adrien Taquet, interrogé par Le Parisien.
  • Carry-le-Rouet, "propice à accueillir des familles"
D’après le secrétaire d’Etat au ministère de la Santé, "à Carry, la configuration des lieux est plus propice à accueillir des familles", rapporte 20 Minutes.

La résidence hôtelière, située à une trentaine de kilomètres de Marseille, est dotée de 140 chambres, sur un domaine relativement isolé, accessible uniquement par un chemin routier et deux sentiers au niveau de la plage, souligne LCI. Une situation qui facilité sa sécurisation et qui justifie que le lieu ait été réquisitionné par les autorités.

Mais l'arrivée de ces ressortissants français n'est pas sans inquiéter les habitants de Carry-le-Rouet, qui sont "dans l'angoisse", a commenté leur maire, Jean Montagnac, sur notre antenne. "C’est la psychose là, les gens sont affolés”, a-t-il fait savoir. Jean Montagnac s'est toutefois voulu rassurant.

"Je n'ai pas d'inquiétude car même s'il y avait quelqu'un qui était contaminé sans qu'on le sache, il serait confiné dans un endroit inaccessible ou presque".
  • L'Ensosp, une zone isolée, loin des habitations

L’école nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers d’Aix-en-Provence (Ensosp) a été réquisitionnée en raison de sa capacité d’accueil de 500 personnes dans des studios normalement réservés aux étudiants dont les cours ont été annulés.

A l’intérieur de ce lieu entièrement fermé et grillagé, situé en zone rurale, loin des habitations, "une zone confinée avec des barriérages et des bâtiments dans lequel seront accueillies les personnes" a été mise en place, précise la députée LaREM d’Aix-en-Provence, Anne-Laurence Petel, à 20 Minutes.

Et de poursuivre: "Le gymnase va servir de lieu de restauration collective. Il y a aussi des sas d’entrées et des sorties pour que cela se fasse dans les meilleures conditions sanitaires."

  • "Tout est mis en place pour la protection des personnes"

L’hôpital de la Timone de l'Institut hospitalo-universitaire "Méditerranée Infection" s’ajoute aux nombreux atouts que concentrent les Bouches-du-Rhône. En effet, ce bâtiment marseillais de trois étages dispose de chambres étanches et stériles capable d’accueillir les personnes qui contracteraient éventuellement le coronavirus.

Mais pour l’heure, tous les rapatriés de Chine ont été testés négatifs à la maladie, a rassuré ce lundi Adrien Taquet, sur BFMTV. Pour rasséréner les habitants des Bouches-du-Rhône face à ce virus qui a tué 361 patients sur 17.200 cas confirmés en Chine, le secrétaire d’Etat insiste: l’accueil de ces ressortissants français ne représente "pas de danger. Tout est mis en place pour la protection des personnes."

Ambre Lepoivre