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Coronavirus: "la psychose" à Carry-le-Rouet, qui va accueillir les Français rapatriés de Chine

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Un centre de vacances de cette petite ville près de Marseille doit accueillir ce vendredi 200 Français rapatriés depuis la région de Wuhan, d'où est partie l'épidémie.

La "psychose" s'est installée à Carry-le-Rouet. C'est dans cette commune près de Marseille, dans les Bouches-du-Rhône, que doivent être accueillis les 200 premiers rapatriés français de Wuhan en Chine, épicentre de l'épidémie du nouveau coronavirus, déjà responsable de 9800 contaminations et de 213 morts. Ils doivent arriver en France ce vendredi et seront mis à l'isolement 14 jours dans un centre de vacances de la commune.

Leur avion militaire a décollé de Wuhan vendredi à 00h07 heure française et doit atterrir à la mi-journée à Istres (Bouches-du-Rhône), ont déclaré aux passagers des membres de la délégation officielle française présente sur place, selon des journalistes de l'AFP à bord.

"Les gens sont affolés"

Leur arrivée n'est pas sans inquiéter les habitants de Carry-le-Rouet, qui sont "dans l'angoisse", selon leur maire, qui assure recevoir de nombreux appels de gens lui demandant ce qu'il "compte faire".

"C’est la psychose là. C’est comme quand on annonce la fermeture des industries pétrolières, tout le monde fait le plein. Là c’est pareil, les gens sont affolés”, a déclaré le maire LR Jean Montagnac au micro de BFMTV.

Regrettant d'avoir été informé "par la presse" du choix de sa ville avant de l'être par le gouvernement, l'édile s'est toutefois voulu rassurant.

"Je n'ai pas d'inquiétude car même s'il y avait quelqu'un qui soit contaminé et qu'on le sache pas, ils seront confinés dans un endroit inaccessible ou presque".

L'arrivée des ressortissants français coïncide par ailleurs avec le week-end d'ouverture du mois des "oursinades" à Carry-le-Rouet, un événement festif qui draine tous les ans beaucoup de touristes. Mais le maire de la commune craint que ces derniers annulent leur venue, ce qui serait un revers économique pour la ville. Un tiers de l'économie de Carry-le-Rouet repose en effet sur ce mois de "l'oursinade".

Aucun malade parmi les rapatriés

Face à cette inquiétude, les autorités se sont voulues rassurantes: aucun des 200 Français devant arriver ce vendredi à Carry-le-Rouet ne présente de symptôme. Jérôme Salomon, directeur général de la Santé a ainsi estimé qu'il n'était "pas question de mettre ces personnes dans des lieux de détention ou de soins alors qu'elles ne sont pas malades".

Pendant leur période d'isolement, elles vont faire l'objet d'une surveillance médicale pour s'assurer qu'elles ne sont pas contaminées par le virus: "On va leur demander de prendre leur température, d'avoir un masque", a-t-il ajouté. Ces rapatriés seront placés "par familles dans des chambres distinctes", a de son côté précisé le préfet de la région Paca, Pierre Dartout, lors d'une conférence de presse à Marseille.

"Ils pourront sortir dehors, dans l'enceinte du centre", a-t-il ajouté, en précisant qu'alors, "ils prendront les équipements nécessaires pour se protéger et protéger les autres, par exemple des masques".

Ces personnes devront signer "un engagement" à respecter la quarantaine, selon le préfet, qui a précisé que "les gendarmes ont été positionnés pour éviter toute pénétration dans le site, dans l'intérêt même de toutes les personnes qui pourraient vouloir pénétrer", a déclaré le préfet, selon qui, pourtant, "il ne faut surtout pas entretenir les psychoses" mais bien "rassurer l'ensemble des habitants du secteur".

Juliette Mitoyen avec AFP