BFMTV

Coronavirus: peut-on éviter un nouveau confinement en France?

Alors que l'Hexagone est confronté à une brutale deuxième vague de l'épidémie, l'hypothèse de reconfinements locaux ou généralisés revient de plus en plus dans la voix des autorités.

À mesure que le nombre de nouveaux cas de Covid-19 augmente chaque jour en France et que la tension hospitalière s'accroît à vitesse grand V, les perspectives sont sombres. En Île-de-France, "la situation se tend chaque jour et s'accélère", a alerté sur BFMTV ce dimanche Aurélien Rousseau, le directeur général de l'ARS, appelant à des mesures "plus restrictives".

Avec plus de 200 entrées en services de réanimation chaque jour, et plus de 150 morts quotidiens, "la situation hospitalière (...) se rapproche de celle observée au cours de la première vague, après la mi-mars 2020", a relevé de son côté Santé publique France jeudi. Le bilan va "s'alourdir dans les prochains jours et semaines, quoi que nous fassions", du fait de la dynamique de l'épidémie, a prévenu samedi le ministre de la Santé Olivier Véran.

Ce dimanche soir, un nouveau record a été battu sur le territoire avec plus de 52.000 nouveaux cas rapportés par Santé Publique France et 116 morts en 24 heures.

L'Europe se recloisonne peu à peu

Depuis deux semaines, l'exécutif n'exclut plus de prendre "des mesures beaucoup plus dures" si l'épidémie n'est pas jugulée, comme l'a indiqué le Premier ministre Jean Castex jeudi dernier, avant qu'Emmanuel Macron ne juge vendredi qu'il était "trop tôt pour dire si on va vers des reconfinements locaux ou plus larges".

Ces derniers jours, l'Europe se recloisonne petit à petit. Pour l'heure sur le continent, seuls l'Irlande et le Pays-de-Galle ont de nouveau imposé un confinement. Mais à l'image de la France, l'Espagne a décrété ce dimanche l'état d'urgence sanitaire ainsi qu'un couvre-feu, l'Italie va fermer ses cinémas et ses théâtres. En Belgique, les autorités ont décidé d'avancer à 22 heures le couvre-feu imposé dans le pays.

"La première vague, c'était une vague énorme avec un nombre de décès qui augmentait de façon exponentielle de jour en jour. Là, c'est différent. C'est comme si vous étiez dans une baignoire et que le niveau d'eau augmentait de façon inexorable, et on ne sait pas à quel moment cela va s'arrêter", explique sur notre antenne Mehdi Mejdoubi, professeur de médecine et chef de pôle au Centre hospitalier de Valenciennes dans le Nord.

Mais si la situation est moins soudaine qu'au printemps dernier, la situation épidémiologique reste également "exponentielle" mais cette fois "plutôt de semaine en semaine". "Cela fait peur" et "laisse craindre une situation de risque maximal courant novembre", poursuit le médecin.

Confinements locaux, temporaires ou généralisés?

"Les mesures qu'on prend aujourd'hui ne vont pas permettre de contrôler ce qui se passe à l'hôpital dans trois semaines. Je ne sais pas s'il sera possible d'éviter le reconfinement, je ne suis pas très optimiste", souligne à l'AFP Dominique Costagliola, épidémiologiste à l'Inserm.

Certains médecins libéraux réclament donc un élargissement du couvre-feu ainsi qu'un confinement le week-end. Pour les médecins de l'Union régionale des professionnels de santé libéraux (URPS) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, "l'épidémie atteint un niveau record qui dans quelques jours trouvera sa traduction dans un encombrement, voire une saturation des services hospitaliers (...). Si rien n'arrête la progression de l'épidémie, la catastrophe sera humaine, puis économique puis sociale", déplorent-ils.

Sur BFMTV ce dimanche, le président de l'Union régionale des professionnels de santé d'Auvergne-Rhône-Alpes Pierre-Jean Ternamian appelle à "casser absolument cette progression exponentielle". Pour éviter un reconfinement généralisé qui aurait des conséquences économiques "insupportables", le médecin ne voit qu'une seule solution viable: "Imposer des confinements les week-ends".

Jean Rottner, président de la région Grand Est, a confié sur Twitter avoir "réuni son exécutif" ce dimanche soir, ayant "la certitude que nous allons vers un confinement différent du premier". "J'ai demandé à chacun d'entre nous d'être prêt dès cette semaine", a-t-il ajouté sur le réseau social.

Ce médecin urgentiste et élu Les Républicains, invité sur BFMTV ce dimanche soir, juge que la situation est "implacable". "Je regarde les chiffres, et les courbes parlent d'elles-mêmes (...) Et en disant que j'ai ce sentiment que nous allons vers un reconfinement, c'est un avertissement mais c'est aussi un cri d'alerte", a-t-il déclaré, appellant à être "responsables et crédibles".

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV