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Yanis Varoufakis: "J'apprécie beaucoup Emmanuel Macron"

Yanis Varoufakis, ex-ministre grec des Finances, a fait des révélations surprenantes sur ses affinités avec le ministre de l'Economie français, Emmanuel Macron, sur le plateau de BFMTV.

Yanis Varoufakis, l'ancien ministre grec des Finances, était ce vendredi l'invité de BFMTV. Evoquant la situation politique française, il a estimé que "quand le temps viendra, les Français ne vont pas déconnecter la réalité économique et la réélection d'un gouvernement qui refuse de faire face à la réalité".

Alors que la gauche de la gauche française ne perce pas et que la côte de popularité d'Emmanuel Macron reste au beau fixe, l'économiste qui a démissionné avec fracas du gouvernement Tsipras le 6 juillet dernier, a jugé que "c'est quelque chose que la gauche doit prendre très au sérieux".

"J'apprécie beaucoup Emmanuel Macron, dans mes discussions avec lui je peux vous dire qu'on est d'accord à 80% des choses dont on parle", a ajouté ce critique acharné des politiques d'austérité.

"Il est parfaitement conscient du fait que la France ne peut pas faire ce que l'Allemagne a fait il y a dix ans", avec la mise en place de réformes de marché, a jugé Yanis Varoufakis au sujet du ministre de l'Economie français. Les "problèmes auxquels Macron doit faire face (...) ne seront pas réglés par les réformes libérales qu'il met en place et je pense qu'il le sait aussi", a assuré l'ancien ministre des Finances, qui avait démissionné début juillet.

"Tsipras a été menacé"

Actuellement en tournée européenne, Yanis Varoufakis a expliqué que son parti, Syriza, avait cédé à l'Europe sous la pression lorsqu'Alexis Tsipras a accepté le plan de sauvetage financier assorti de dures conditions mis sur pied par les créanciers de la Grèce.

"Alexis Tsipras ne voulait pas faire ce changement, il a été menacé pendant 17 heures par les dirigeants de l'Europe (...) qui voulaient l'écraser", a-t-il déclaré.

Il "a été torturé pour appliquer une politique dont il sait qu'elle ne fonctionnera pas"."Mon parti a bougé alors qu'Alexis Tsipras ne voulait pas", a ajouté l'ancien ministre qui estime que Syriza a "fait demi-tour", avant de "se fragmenter".

"Je ne pouvais soutenir mon propre parti, parce que mon parti a soutenu ce contre quoi j'avais lutté", a-t-il tenu à clarifier pour expliquer sa démission. "Je ne voulais pas être un bon politicien", "croire au blanc et dire le noir", a-t-il développé.

A. D.