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"Violences policières": Eric Ciotti veut qu'Emmanuel Macron s'excuse

Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, le 3 décembre 2020. (Photo d'illustration)

Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, le 3 décembre 2020. (Photo d'illustration) - BFMTV

Le chef de l'Etat a déconstruit le terme de "violences policières" en reconnaissant vendredi sur le média en ligne Brut qu'"il y a des policiers qui sont violents" et "qu'il faut sanctionner".

Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, a réclamé ce lundi des excuses de la part d'Emmanuel Macron qui devrait "retirer ses propos" après "la faute" qu'il a selon lui commise en acceptant de parler de "violences policières".

Xavier Bertrand, le président ex-LR de la région Hauts-de-France, avait lui aussi dénoncé dimanche une "faute" qui "n'est pas pardonnable".

"J'ai été très choqué par ces déclarations"

"J'ai été très choqué par ces déclarations, je crois que c'est une faute, c'est une faute à l'égard des policiers qu'il a blessés, ils sont, ce matin, très en colère, ils sont humiliés, mais c'est une faute aussi à l'égard du pays, le président de la République, il doit rassembler, il doit protéger la société", a déploré sur France 2 le député LR.

"Je demande solennellement au président de la République, parce qu'il a commis cette faute, de retirer ses propos, de s'excuser vis-à-vis des policiers", a-t-il ajouté. "Les policiers ne sont pas violents de façon institutionnelle, il peut y avoir des dérapages, ils sont sanctionnés lourdement aujourd'hui", a-t-il argumenté.

Le président de la République a reconnu vendredi qu'il existait "des violences par des policiers", expression qu'il a dit préférer à celle de "violences policières", qui est selon lui devenue "un slogan".

"Je n'ai pas de problème à répéter le terme de violences policières, mais je le déconstruis", car "c'est devenu un slogan pour des gens qui ont un projet politique. Il y a des policiers qui sont violents" et "qu'il faut sanctionner", a dit Emmanuel Macron sur le média en ligne Brut, faisant notamment référence à l'agression d'un producteur de musique par plusieurs policiers.

Pour Ciotti, il n'y a pas de contrôles au faciès

Eric Ciotti nie également l'existence de contrôles au faciès. "C'est faux, les policiers contrôlent dans certains quartiers, c'est pas eux qui ont créé ces quartiers ghettoïsés, c'est pas eux qui ont favorisé aujourd'hui une immigration qui est souvent source de délinquance, de communautarisme ou de terrorisme", a-t-il assuré.

Les deux principaux syndicats de gardiens de la paix, Alliance et Unité SGP, ont appelé samedi à cesser les contrôles d'identité après les propos vendredi d'Emmanuel Macron, toujours sur Brut, dénonçant des contrôles au faciès et les discriminations.

Concernant la prochaine loi confortant les principes républicains, Eric Ciotti a estimé qu'il "faut que ça soit une loi qui s'attaque à l'islamisme, parce que c'est l'islamisme qui nous menace". "Si on n'a même pas le courage de citer l'ennemi, comment pouvons -nous le combattre?", a-t-il regretté en déplorant une "petite addition de mesurettes".

"Si on veut véritablement se protéger, réinstaller une laïcité protectrice de nos principes républicains, il faudra changer la Constitution, il faudra demander au peuple de le valider par référendum", a ajouté le député LR en reprenant à son compte une proposition de Nicolas Sarkozy en 2016, qui vient d'être réitérée par Xavier Bertrand.
S.B.-E. avec AFP