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Violences policières: Camélia Jordana propose à Christophe Castaner de "débattre en direct"

Camélia Jordana dans "On n'est pas couché", le 23 mai 2020

Camélia Jordana dans "On n'est pas couché", le 23 mai 2020 - Capture d'écran France 2

La chanteuse, qui a dénoncé les violences policières ce week-end sur le plateau d'On n'est pas couché, propose au ministre de l'Intérieur de "débattre en direct" avec elle.

La chanteuse et actrice Camélia Jordana, qui a accusé ce week-end sur le plateau d'On n'est pas couché les policiers de "massacrer" des hommes et des femmes pour leur couleur de peau, a fait savoir sur son compte Twitter qu'elle refuse de s'exprimer sur ses propos dans les médias, mais qu'elle accepte de "débattre en direct" avec le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

"Épatée par toutes ces réactions, enthousiaste par la réouverture du débat public. Je ne m’exprimerai pas dans les médias suite aux nombreuses sollicitations en réaction aux propos de Christophe Castaner. Je serai en revanche honorée de débattre en direct avec lui sur le plateau de son choix", a-t-elle écrit sur Twitter dans la nuit de dimanche à lundi. 

"Une condamnation sans réserve"

Quelques heures auparavant, Christophe Castaner a condamné "sans réserve" les propos qu'il juge "mensongers et honteux" de la chanteuse:

"Non, madame, 'les hommes et les femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue' ne se font pas 'massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau', ces propos mensongers et honteux alimentent la haine et la violence. Ils appellent une condamnation sans réserve", a tweeté le ministre de l'Intérieur.

"Je parle des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau, c'est un fait", a déclaré Camélia Jordana samedi soir dans On n'est pas couché sur France 2, avant d'ajouter:

"Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j'en fais partie. Aujourd'hui j'ai les cheveux défrisés, quand j'ai les cheveux frisés, je ne me sens pas en sécurité face à un flic en France. Vraiment. Vraiment."

Soutien de SOS Racisme

Le syndicat de police Alliance a dénoncé dimanche des "accusations inadmissibles envers les policiers (racisme, meurtres...)", dans un communiqué où il dit saisir le procureur de la République et demande au ministre de l'Intérieur d'en faire de même. 

SOS Racisme, dans un communiqué, a de son côté "apporté son soutien [...] à l'analyse" de la chanteuse. "Nous regrettons que le ministre de l'Intérieur, en s'agrippant à l'emploi du terme 'massacrer', ait cru utile de condamner les propos de Camélia Jordana", déclare-t-il. 

Jérôme Lachasse avec AFP