BFMTV

Violence d'Alexandre Benalla: François Ruffin dénonce une "situation inimaginable"

Le député de la 1er circonscription de la Somme, apparenté France insoumise, est ce vendredi matin l'invité d'Apolline de Malherbe sur RMC et BFMTV.

"Si un militant venait me raconter qu'un adjoint au chef du cabinet de l'Elysée est venu violenter un manifestant dans la rue qui n'avait rien fait, avant de le tabasser à terre, je lui dirais 'arrête de fumer'." Invité d'Apolline de Malherbe sur RMC et BFMTV ce vendredi matin, François Ruffin fait part de sa stupeur après l'éclatement de l'affaire Alexandre Benalla, du nom de ce collaborateur proche d'Emmanuel Macron montré en train de frapper un manifestant dans une vidéo tournée le 1er mai.

"Je pense que nous sommes dans une situation qui est inimaginable", juge le député de la 1er circonscription de la Somme, qui siège avec le groupe de la France insoumise. Avant d'ajouter: "La deuxième chose qui est inimaginable, c'est que ce gars-là ne soit pas viré tout de suite." Une situation qui s'explique, selon lui, par un "sentiment de toute puissance macronienne":

"C'est Jupiter, c'est le Roi-Soleil, et donc il y a comme un ruissellement de la toute puissance, il laisse son entourage, plus ou moins, faire tout ce qu'il veut."

"Le fait du prince"

A la suite de ces révélations, l'Elysée a fait savoir qu'elle avait sanctionné, de manière "adéquate" selon la version officielle, Alexandre Benalla avec une mise à pieds de 15 jours.

"15 jours de mise à pieds? On parle de quelqu'un qui s'est mis à porter un brassard de la police, qui ne s'est pas pris pour la police car la police ne se comporte pas comme ça, et qui s'est mis à frapper un manifestant à terre. Et la réponse qu'on nous donne c'est qu'il a été mis à pieds 15 jours!", s'insurge François Ruffin sur notre plateau, critiquant de nouveau "le fait du prince".

Ce qui dérange particulièrement l'élu, c'est aussi le contraste avec d'autres affaires qui ont marqué le début du quinquennat Macron. "Je voudrais faire une comparaison: vous vous-souvenez de Pierre de Villiers, chef d'Etat major des armées? Chef d'Etat major des armées, qui a un moment a eu une petite phrase en commission à l'Assemblée nationale, pour dire que le budget des armées était vraiment insuffisant. Le prince Macron, il a décidé de le virer, en une semaine il a été poussé à la démission, c'était fait, tout ça parce qu'il s'est exprimé librement sans faire ce qui plaisait au prince."

"Pour moi, le mot qui domine le pouvoir macroniste, c'est l'hybris: le péché d'orgueil", conclut notre invité.

Jé. M.