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Torture: "Ne soyons pas hypocrites, sortons de l'Otan", ironise Le Pen face aux critiques

Marine Le Pen

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Les propos de Marine Le Pen légitimant l'usage de la torture en cas de force majeure, démentis ensuite par la présidente du FN sur Twitter, ont suscité de virulentes réactions, notamment à gauche. 

Mise au ban après ses propos sur l'utilisation possible dans certains cas de la torture sur BFMTV mercredi, Marine Le Pen a répondu aux vives critiques et autres sarcasmes cet après-midi à l'occasion du lancement de "CollecEcologie", le mouvement écolo du FN qui promeut une "écologie patriote": "Je vois que je fais à l'Assemblée une belle unanimité contre moi. Je dis banco: sortons de l'OTAN puisqu'il est avéré que notre partenaire américain a fait usage de la torture. Ne soyons pas hypocrites!"

"Il s'agit d'une interprétation malveillante et scandaleuse de mes propos", a regretté la présidente du Front national. 

Plus tôt le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, y avait vu le retour de "la gégène de papa", en référence aux pratiques supposées de Jean-Marie Le Pen durant la guerre d'Algérie. "Elle a réagi avec ce qu'elle est. La gégène est dans les gènes des Le Pen. Pour elle, c'est très très normal", a-t-il déclaré "Quand on est dans un parti qui fonctionne sur la préférence familiale, il y a une politique qui se fait de façon génétique", a lancé aussi Bruno Le Roux. On connaît les idées des Le Pen (...) Ils ne représentent en rien les valeurs de la République".

Indignation chez les députés

Mais en en commission des Lois de l'Assemblée nationale, de nombreux députés ont également réagi. Le député radical de gauche Alain Tourret a qualifié de "scandale absolu" les propos de Marine Le Pen sur la torture et a été applaudi par la gauche. "C'est un retour sur les fondements mêmes de la République, a-t-il lancé. Légitimer la torture est un scandale absolu".

"Émotion et indignation en # ComLois # directAN après la légitimation de l'usage de la torture par Marine Le Pen", a aussi tweeté le député socialiste Erwann Binet.

"Il peut y avoir des cas..."

"Je crois que les gens qui s'occupent de terroristes et accessoirement de leur tirer des informations" qui "permettent de sauver des vies civiles, sont des gens qui sont responsables", avait notamment déclaré Marine Le Pen, interrogé sur le rapport qui détaille les pratiques de la CIA post-11-Septembre. "Il peut y avoir des cas, permettez-moi de vous dire, quand une bombe -tictac tictac tictac - doit exploser dans une heure ou deux et accessoirement peut faire 200 ou 300 victimes civiles, où il est utile de faire parler la personne".

Plus tard dans la matinée la présidente du Front national avait déjà dénoncé "l'interprétation malveillante" de ses propos via twitter:

S.A. avec AFP