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Sondages: désormais testé au second tour, Mélenchon est donné gagnant face à Le Pen

Jean-Luc Mélenchon sur le Vieux-Port de Marseille le 9 avril 2017.

Jean-Luc Mélenchon sur le Vieux-Port de Marseille le 9 avril 2017. - Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Avec sa percée dans les sondages, où il parvient à déloger François Fillon pour atteindre la troisième place, Jean-Luc Mélenchon est désormais testé au second tour.

Cette campagne présidentielle n'a décidément pas livré toutes ses surprises. A moins de deux semaines du premier tour, certains électeurs sont encore indécis et cette indécision se constate dans les sondages, puisque les cartes des intentions de vote sont rebattues. Jusque-là, seules trois personnalités parmi les onze candidats apparaissaient en tête des études d'opinion, et étaient testées pour le second tour.

Les instituts de sondage ayant l'interdiction de tester des hypothèses jugées farfelues, comme le rappelait jeudi sur BFMTV Yves-Marie Cann, de l'institut Elabe, les configurations se limitaient à des duels entre les trois premiers: Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon. Jean-Luc Mélenchon, fort de ses résultats en hausse, les a désormais rejoints. 

Pas d'hypothèses farfelues dans les sondages

C'est la Commission des sondages qui fixe les règles que doivent suivre les instituts pour réaliser leurs études. Le 1er février 2008, cette Commission conseillait de tester plusieurs hypothèses au second tour quand plusieurs candidats obtiennent des scores proches au premier tour. Une manière notamment de prendre en compte la marge d'erreur inhérente à chaque étude d'opinion:

"La commission recommande, lorsque les scores établis pour le premier tour sont suffisamment proches pour que, compte tenu des marges d’incertitude qui les affectent, l’identité des candidats ou des listes qualifiés pour le second tour soit incertaine, que soient testées et publiées plusieurs hypothèses de second tour".

Un exercice encadré par la loi

"Tout sondage relatif au second tour d’une élection, publié ou diffusé avant le premier tour, doit être publié ou diffusé en même temps qu’un sondage de premier tour", précise aussi la loi sur les sondages, qui vise à "mieux garantir la sincérité du débat électoral". 

Depuis quelques jours, la dynamique de Jean-Luc Mélenchon s'est confirmée et installée. Le candidat de la France insoumise a vu ses intentions de vote augmenter progressivement, jusqu'à rattraper François Fillon et à lui passer devant pour se retrouver à la troisième place. Désormais, de nouvelles hypothèses peuvent donc être étudiées pour le second tour.

Mélenchon l'emporte largement face à Le Pen

C'est ce qui s'est passé notamment avec le sondage Kantar Sofres publié ce dimanche, qui passe en revue cinq scenarii différents pour le 7 mai. 

Dans cette étude, Jean-Luc Mélenchon arrive troisième avec 18% d'intentions de vote, en hausse de 6 points par rapport à l'étude précédente, réalisée mi-mars. François Fillon est lui quatrième avec 17%. Le candidat de la France insoumise a donc été testé face aux deux candidats donnés favoris: Emmanuel Macron et Marine Le Pen, donnés une nouvelle fois en tête avec 24% chacun.

En cas de duel au second tour, il arrive en tête face à Marine Le Pen, avec 57% contre 43% pour la candidate frontiste. Face à Emmanuel Macron en revanche, il perd à 47%, contre 53% pour le candidat d'En Marche!.

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- © Capture d'écran Kantar Sofres

Résultats plus serrés en cas de duel Mélenchon-Macron

Dans le premier cas, face à la candidate d'extrême-droite, Jean-Luc Mélenchon bénéficierait sans doute de reports de voix venus de la gauche non mélenchoniste ou du centre. Dans le deuxième cas, les résultats sont plus serrés car entre un candidat de gauche et un candidat centriste la possibilité de reports de voix venues de la droite ou de l'extrême-droite est plus incertaine. 

Emmanuel Macron réalise lui son plus gros score face à François Fillon, (66% contre 34%) et le plus bas face au candidat de la France insoumise (53%). Marine Le Pen totalise elle aussi le plus de voix face au candidat de la droite, avec 45% des voix, contre 55% pour lui. Elle fait son plus bas score face à Emmanuel Macron. 

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- © Capture d'écran Kantar Sofres
Charlie Vandekerkhove