BFMTV

Le baromètre des éditorialistes - "La campagne de Mélenchon, c'est celle de Bernie Sanders mot pour mot"

Jean-Luc Mélenchon est l'homme fort du moment.

Jean-Luc Mélenchon est l'homme fort du moment. - BFMTV

Il n'a pas échappé à nos éditorialistes que l'homme en forme du moment est les candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, passé pour la première fois devant François Fillon, s'adjugeant la troisième place au 1er tour. Mais peut-il aller plus loin?

Alors que la campagne officielle pour l'élection présidentielle commence ce lundi, les nouvelles sont bonnes pour Jean-Luc Mélenchon. Un sondage le place pour la première fois en troisième place, juste devant François Fillon au premier tour. Son talent de tribun reconnu de tous pourrait-il l'emmener jusqu'au second tour?

-
- © -

Christophe Barbier: "Jean-Luc Mélenchon ne refait pas les mêmes erreurs qu'en 2012"

"Oui, c'est une surprise, car quand Benoît Hamon a gagné la primaire ont a pensé que c'était mauvais pour Jean-Luc Mélenchon. On croyait que Benoît Hamon, le jeune qui incarnait le futur désirable allait capter cet électorat de gauche. Mais Jean-Luc Mélenchon a roulé Benoît Hamon dans la farine avec de pseudo-négociations, avant de prendre l'avantage dans le débat télévisé et maintenant, il vampirise Benoît Hamon. 

Il faut y ajouter le talent de Jean-Luc Mélenchon qui ne refait pas les mêmes erreurs qu'en 2012. Que disait-il à Marseille le 14 avril 2012? 'Vive la France du métissage!' Et il s'était effondré dans l'électorat populaire qui n'avait pas du tout envie de métissage et qui était sceptique sur l'immigration. Que fait-il hier, 9 avril 2017, à Marseille encore? Il fait faire une minute de silence pour les migrants, sans aucun risque programmatique.

Il peut aller plus haut, car en 2012, il y avait un frein avec le vote utile. Voter Jean-Luc Mélenchon, c'était priver François Hollande d'une voix et donc renforcer Nicolas Sarkozy. Cette année il n'y a pas de vote utile à gauche. A moins qu'il ne s'agisse justement de voter Mélenchon ou Macron, s'il l'on est plus libéral-social. Mais ce ne sera, en tout cas, pas le vote Hamon.

En revanche, Jean-Luc Mélenchon peut se confronter à un nouveau plafond après avoir vampirisé l'essentiel de certains électorats. Il n'y a plus grand-chose à prendre du côté de Benoît Hamon. Va-t-il prendre à François Fillon, à Marine Le Pen, à Nicolas Dupont-Aignan? Il aura du mal.

Je ne crois pas qu'il sera président, car à un moment donné on s'intéresse au programme. Et derrière un vernis écologique, il y a quand même une fiscalité confiscatoire, l'idée de faire une constituante. Est-ce l'urgence du moment? Et puis surtout, s'il était au second tour contre Marine Le Pen, contrairement à ce que dit le sondage, je pense que Marine Le Pen l'emporterait. Parce que la droite se dirait, avec Marine Le Pen au pouvoir, elle sera potiche, on peut gagner les législatives pour gouverner. Mais là, on est dans la politique-fiction et même dans le cauchemar"

-
- © -

Laurent Neumann: "Jean-Luc Mélenchon profite de la mauvaise campagne de Benoît Hamon"

"Les quatre (Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, François Fillon, NDLR) sont dans un mouchoir de poche et peuvent figurer au second tour de la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon comme les autres. En même temps, attention, car la gauche est quand même minoritaire dans ce pays. Attention encore, car il y a cinq ans Jean-Luc Mélenchon avait atteint la barre des 17% dans les sondages pour finir à 11,1. Mais, il y cinq ans, François Hollande était très fort, le désir d'alternance était très fort.

Jean-Luc Mélenchon profite d'un candidat à gauche, Benoît Hamon, qui ne fait pas une très bonne campagne et qui n'a surtout pas fait la démonstration qu'il pouvait accéder au second tour. Jean-Luc Mélenchon est une valeur refuge pour les électeurs de gauche.

Pourquoi ça marche? Parce qu'il un talent oratoire absolument inouï. Les meetings sont pleins. Sa campagne est calquée sur celle de Bernie Sanders aux Etats-Unis, mot pour mot: les thèmes, la méthode, l'Internet, les réseaux sociaux... tout est exactement conforme à ce qui avait failli permettre à Bernie Sanders de l'emporter sur Hillary Clinton lors de la primaire démocrate.

Mais il reste encore 15 jours et, faut-il le rappeler, un tiers d'indécis et un tiers de gens qui ne sont pas sûrs d'aller voter, cela veut dire un Français sur deux et c'est pour cela qu'il y a tous ces meetings. Il veut convaincre."

D. N.