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Mélenchon à Marseille: "Je serai le président de la paix"

Jean-Luc Mélenchon à Marseille

Jean-Luc Mélenchon à Marseille - Anne-Christine Poujoulat - AFP

Jean-Luc Mélenchon a tenu un meeting à Marseille ce dimanche, avec un discours notamment consacré à la paix, l'immigration et la place de la France dans le monde.

"Si vous voulez la paix, ne vous trompez pas de bulletin de vote." À Marseille, dans un discours très théâtral, Jean-Luc Mélenchon a assuré aux milliers de personnes venues le soutenir sur le Vieux-Port, qu'il sera le "candidat de la paix". Une façon aussi d'avertir les électeurs: 

"Si vous en choisissez un pour la guerre, ne vous étonnez pas si elle finit par arriver."

Une minute de silence en hommage aux migrants 

Le candidat de la France insoumise a commencé par parler d'immigration, faisant même observer une minute de silence en hommage aux migrants morts en Méditerranée, dans leur route vers l'Europe.

"Il faut aller à la racine des problèmes et les régler (...) l'immigration est toujours un exil forcé, une souffrance" a-t-il fait valoir. 

"Il est tant de mettre fin aux guerres qui ravagent les pays du Sud" a ajouté Jean-Luc Mélenchon, brandissant le rameau d'olivier, "l'arbre de la méditerranée", "l'olivier de la paix", qu'il portait en boutonnière. 

L'intervention "irresponsable" des États-Unis

Le candidat a poursuivi son allocution en évoquant les attaques à l'arme chimique qui ont fait une centaine de morts cette semaine en Syrie. Si les responsables doivent être selon lui "punis", il dénonce les frappes aériennes américaines qui ont suivi. Cette intervention, qui ne "règle rien", accentue les tensions et la "surenchère guerrière" pour Jean-Luc Mélenchon. 

Indigné, il a dénoncé l'attitude de la France et de l'Allemagne, qui ont approuvé "l'acte criminel irresponsable" du président Donald Trump.

"Souvenez-vous de ces jours quand vous irez voter" a-t-il lancé à la foule, l'invitant à se méfier de ceux qui ont "acclamé" l'intervention américaine basée sur "aucune légitimé internationale" et qui pourrait entraîner la France "dans la guerre".

S'il est élu, Jean-Luc Mélenchon l'a rappelé, il fera sortir le pays de "l'organisation dangereuse" qu'est l'Otan. 

"Nous ne voulons d'aucune guerre sur le vieux continent"

La paix est aussi à défendre sur le "vieux continent", en Europe, pour le candidat. Le chef de file de la France insoumise a ainsi renouvelé sa proposition de mettre en place une "conférence de la sécurité en Europe" pour traiter des situations comme celles de l'Ukraine ou de la Crimée.

"Nous ne voulons d'aucune guerre, ni petite, ni moyenne, ni grande" a-t-il précisé sous les applaudissements de près de 70.000 personnes, selon les estimations communiquées par les équipes de la France insoumise. 

La fin de la "guerre" contre les pauvres

Si son discours à Marseille était surtout consacré aux questions internationales, le candidat, qui a le vent en poupe dans les sondages, n'en a pas moins oublié les problématiques nationales. Et une autre guerre doit s'achever, celle contre "les pauvres" a souligné Jean-Luc Mélenchon.

"Regardez-les, les nantis, les puissants, les importants, vous faire la leçon, vous appeler encore à des sacrifices" a-t-il dénoncé.

"Les riches, en France, vivent au-dessus de nos moyens! (...) Puisqu'ils ne veulent pas partager, il faudra qu'ils le fassent par la force: celle de la loi" a-t-il encore assuré à ses sympathisants à Marseille, pour ensuite développer ses propositions sociales en terme de lutte contre la pauvreté, avec notamment l'augmentation du Smic et des minimas sociaux.

Jean-Luc Mélenchon a enfin récité un poème Yannis Ritsos, dont le thème -la paix- aura été le fil rouge de son discours, avant de laisser retentir la Marseillaise sur le Vieux-Port.

Maëva Poulet