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Salon de l'agriculture: dès son arrivée, Emmanuel Macron interpellé par les exploitants inquiets

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Au milieu des vaches, Emmanuel Macron inaugure ce samedi le 57e Salon international de l'Agriculture, bousculé par des controverses environnementales, et l'échec vendredi soir de négociations européennes cruciales pour les agriculteurs.

Le président de la République inaugure ce samedi le 57e Salon de l'agriculture. A peine arrivé, vers 8h15, Emmanuel Macron a été interpellé par des représentants de la FNSEA, syndicat agricole majoritaire, et des Jeunes Agriculteurs, au milieu des vaches, parisiennes le temps d'une semaine. 

"Nous attendons de vivre du prix de nos produits. On ne cesse d'être stigmatisés", lui a lancé un agriculteur, un autre évoquant "la colère du monde agricole". Lors de sa déambulation, le chef de l'Etat a été interpellé sur pratiquement tous les sujets brûlants: retraites, Politique agricole commune (Pac), pesticides, agribashing, gilets jaunes, accords commerciaux internationaux...

En retour, Emmanuel Macron leur a assuré: "Je ne m'occupe pas du monde agricole uniquement la semaine du salon. L'agriculture doit être au coeur de la modernisation."

Et d'ajouter: "Nous sommes derrière notre agriculture et nos paysans. Rien ne doit justifier des actions contre nos paysans, rien. Et je serai intraitable sur le sujet."

Céréaliers, viticulteurs et gilets jaunes

Emmanuel Macron était accompagné ce samedi matin du ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume. Le chef de l'État a fait un passage obligé auprès de l'égérie charolaise, la vache Idéale, arrivée la veille du Rhône avec son éleveur.

Privés de débouchés rémunérateurs et dépendants d'un acteur tout-puissant, le groupe d'abattoirs Bigard, les éleveurs bovins tentent actuellement de développer leurs exportations, aidés par l'Élysée qui les a soutenus lors du dernier voyage d'Emmanuel Macron en Chine. "Vous êtes dans la main de Bigard (...), vous devez mieux vous organiser entre vous", a lancé le président à des éleveurs.

Le président s'est entretenu avec des céréaliers et devait rencontrer aussi des viticulteurs, touchés par des sanctions douanières punitives américaines et qui réclament un fonds de compensation de 300 millions d'euros pour couvrir le manque à gagner sur leurs exportations aux Etats-Unis, leur premier client, ou encore les pêcheurs que le Brexit risque de priver d'une large part de leur gagne-pain.

Emmanuel Macron a promis ce samedi de recevoir à l'Élysée un groupe de gilets jaunes, ce qui serait une première, lors d'un vif échange avec une femme l'interpellant sur les retraites, le Référendum d'initiative citoyenne (Ric) et les violences policières, et qui affirmait avoir participé aux 67 samedis de mobilisation des "gilets jaunes" depuis novembre 2018.

"Vous me structurez un groupe et je vous reçois sans problème, moi je suis pour le dialogue. On se prend une heure et on discute", lui a dit le chef de l'État. 

Quelques instants plus tard, Eric Drouet, figure historique des gilets jaunes, vêtu de noir, a été expulsé par des policiers du Salon, sans avoir réussi à approcher le président.

"Le pain, c'est la vie!"

Lors d'un atelier de pétrissage du pain, Emmanuel Macron a échangé avec des enfants. "Le pain, c'est la vie", a-t-il aussi lancé sur un stand de céréaliers. 

Sujet d'actualité brûlant pour les agriculteurs, le président a ensuite été interpellé sur les zones de non-traitement (ZNT) aux pesticides près des habitations, effectives depuis le 1er janvier et contestées par nombre d'agriculteurs qui craignent une perte de revenus.

"Il nous faut une agriculture forte parce que les Français veulent savoir ce qu'ils mangent. On est dans une transformation historique", a déclaré Emmanuel Macron. "Il y a de l'impatience d'une partie de la société française (...). Mon rôle est de réconcilier tout ça".

Interpellé aussi sur les retraites des agriculteurs, il a jugé "impossible" de revaloriser les pensions actuelles à 85% du Smic, une mesure prévue dans le futur système mais qui coûterait trop cher à appliquer aux agriculteurs déjà à la retraite: ce serait 1,1 milliard d'euros, a-t-il déclaré - si l'on inclut les pensions des retraités actuels et de leurs conjoints.

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Emmanuel Macron

AL avec AFP